Oral du concours de bibliothécaire d’Etat

Après une journée à trépigner, je me suis résolu a admettre que – Rogntudju ! – les résultats du concours de Bibliothécaire externe ne tomberont pas ce soir. Etonnant, car les résultats de l’interne ont été donnés à midi (félicitations à tous!).
Alors, en attendant, voici un petit compte rendu de mes épreuves à l’oral.

Culture générale

Au jury : 3 personnes, dont J-C. Utard, le directeur des bibliothèques de la ville de Paris. J’ai oublié le nom des autres.

Le texte était cet article de La Croix du 16/2/2011, consacré à la loi « Prisunic ». Je dois avouer que j’ai respiré… Si j’avais eu un article sur la pratique de la danse contemporaine dans le Bas Berry, je ne sais pas trop ce que j’aurais eu à dire.

J’ai fait un plan en deux parties. En gros :

1. Le modèle du législateur : le livre papier (réduction de TVA, adaptation de la loi Lang au livre électronique, modèle du téléchargement à l’unité…)

2. Pourquoi ça coince (la loi sera soit inefficace soit injuste, de toute façon critiquable par l’Europe…)

En conclusion : Le législateur aurait pu en profiter pour se pencher sur d’autres aspects (relations auteurs/éditeurs), et envisager des modèles économiques plus innovants.

Parmi les questions du jury dont je me souviens encore 4 jours plus tard :

  • Quels sont les supports de lecture des livres électroniques? Avez-vous déjà testé ?
  • Citez des expériences de prêt d’e-books en BU et BM.
  • Vous avez parlé du livre homothétique. Que pensez-vous du livre transmédia (je ne connaissais pas l’expression, du coup j’ai fait dériver sur le livre multimédia et enrichi en général) ?
  • Le livre papier va-t-il disparaître?
  • Quelle est la part de marché des e-books en France ? et aux USA ?
  • Quelles sont les revendications des auteurs face aux éditeurs dans le cadre du passage au numérique ?
  • Quels éléments du contrat de droit d’auteur sont inadaptés au numérique et devront être revus?
  • Citez des exemples d’auteurs auto-édités sur internet avant de l’être en papier? (JC Utard pensait aux blogs de BD, notamment à Pénélope B.)

Texte sur une situation professionnelle et motivation

Au jury, 3 personne dont j’ai oublié le nom.

Le texte était un article d’une revue de management, consacré au « management interculturel ».

J’ai fait un plan en deux parties, en critiquant pas mal le texte, que je trouvais insipide et un peu caricatural (du genre : les Français sont bordéliques, les Américains bosseurs, etc…) :

1. La réalité des différences de culture : incontestable, mais il faut éviter les stéréotypes, penser aux identités multiples, croisées…

2. Comment gérer ces différences dans le cadre d’une organisation : comme une réalité à « accepter » par le manager (un peu l’idée du texte) ou comme un atout (développer l’innovation en s’appuyant sur la pluralité des regards…)

Parmi les questions du jury dont je me souviens encore :

  • Est-ce que les idées portées par ce texte pourraient s’appliquer au travail en bibliothèque?
  • Et à notre rapport avec les usagers d’une bibliothèque? (Là j’ai essayé de recaser mon voyage d’étude au Danemark et en Suède ;-))
  • Y-a-t-il une culture d’entreprise en bibliothèque ?

2e partie de l’entretien : « motivation », qui s’est bizarrement et subrepticement transformé en oral de catalogage!

  • Parlez-vous un peu de vous.
  • Pourquoi voulez-vous devenir bib?
  • Puisque vous êtes catalogueur, si demain vous étiez responsable du catalogage, que feriez-vous?
  • Comment feriez-vous pour valoriser une offre d’ebooks ? (décidément, c’est une obsession !!)

Pas de question sur mes hobbies, le prénom de ma grand-mère, les autres concours que j’aurais pu passer, mon expérience de l’enseignement (que j’ai évoquée), la différence entre un poste technique et un poste de responsabilité, etc.

A mon avis, j’ai un peu raté cette épreuve, car mes réponses ont été trop « techniques », et pas assez « managériales ». Mais j’avais une meilleure impression en sortant de la salle…

Oral d’anglais

Deux personne au jury : un conservateur et une agrégée d’anglais.

Le texte était cet article du Guardian, consacré au Robin des bois de Ridley Scott, et plus généralement aux libertés que peut ou doit prendre l’artiste par rapport aux réalités historiques.

Ils m’ont fait lire environ 3 paragraphes, avant de me demander de traduire le passage surligné sur ma copie, que je recopie ici (en italique, les points qu’ils m’ont fait reprendre, et en gras ceux sur lesquels j’ai coincé même à la reprise)

If you do not find history interesting, it does not matter – the historical fantasy does not have to mean anything or depict anything true about the past. But if you do think historical fiction should deliver some kind of historical meat, it does not have to be served up sedately.

I was surprised that critics were so hard on the supposed inaccuracy of Ridley Scott’s Robin Hood. It plays around with the legend of the green man of the forest – which never was a true story – and garbles the story of King John and Magna Carta: but so what? Ridley Scott loves the colours and textures of other times and places. In all his history epics he goes out of his way to recreate not so much the narrative details as the look and heft of history: the design of a medieval siege engine, the rituals of a particular moment. In Robin Hood, there is a shot of London that features a loving reconstruction of the old gothic St Paul’s – burnt in the great fire of London – at the heart of what by present-day standards is just a town surrounded by forest. Whatever its faults, it makes you realise that medieval England was a far greener country, with far fewer people, living in a world still dominated by natural cycles and seasons.

Ensuite la discussion a porté sur le texte, puis sur la fiction historique en général, et sur l’histoire comme science.

That’s all folks!

8 comments to Oral du concours de bibliothécaire d’Etat

  • bonjour et félicitations ! C’est rassurant de savoir que nous avons été plusieurs lorsque, dès vendredi, les résultats ont commencé à se faire attendre ! A bientôt sur les bancs de l’ENSSIB !

  • vingtseptpointsept

    Voici mes notes au final : 18 en culture générale, 16 en motivation, 14 en anglais.
    Et à l’écrit : 12 en dissert, 16 en note de synthèse.
    Autant dire qu’à 0,5 point près à l’écrit je n’aurais pas été admissible! Heureusement que je ne connaissais pas mes notes d’écrit…

  • Julie

    Thanks to you mate, j’ai appris ce que going out of one’s way veut dire 😀
    Allez, on croise les doigts pour lundi !!!

    • vingtseptpointsept

      « To go out of your way to do something means to do more than is usually required/expected of you in order to achieve it. » (Wordreference).
      Eh bien, je ne risquais pas de deviner !!!

      • vingtseptpointsept

        « On » me propose également la traduction suivante : « il se donne à donf, il sort des rails plan-plan pour faire un truc de guedin, etc. »

    • vingtseptpointsept

      et to garble veut dire « déformer », en gros.
      J’ai traduit par « mettre de côté, délaisser ». Ils m’ont dit qu’en effet ça correspondait au contexte mais que ce n’était pas le right meaning.

  • Ca me rassure, ca parait abordable.
    L’oral d’anglais se fait-il en anglais ? #question_conne

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