Les lecteurs extérieurs dans les BU allemandes: quelques chiffres

Lorsque l’on s’intéresse à la place des lecteurs extérieurs dans le bibliothèques, on tombe assez rapidement sur des exemples étrangers, cités en général avec assez peu de précision. J’ai notamment lu plusieurs fois que les extérieurs pouvaient représenter 20 à 30% des lecteurs dans les BU allemandes.
Plutôt intrigué par ces chiffres, je suis allé fouiller sur le portail bibliotheksstatistik.de qui fournit des informations comparables à l’ESGBU française, à ceci près que les données

  • sont à jour  (les plus récentes sont de 2013),
  • couvrent tous types d’établissements, y compris les lecture publique, les 3 bibliothèques nationales, et les bibliothèques de Land,
  • couvrent également l’Autriche.

Je ne parle pas allemand, donc cela n’a pas été facile, mais voici les résultats pour les bibliothèques des universités et des universités « appliquées » (je traduis – mal sans doute – le mot « Hochschule »).

Les données agrégées données par le portail pour l’année 2013 sont les suivantes:

Type Nombre Etudiants Personnel scientifique Utilisateurs actifs Utilisateurs actifs non affiliés Moyenne
Universités 71 1 503 436 87 399 1 667 454 454 689 27,26%
Universités appliquées 101 458 135 19 824 507 965 96 103 18,91%
Ensemble 172 1 961 571 107 223 2 175 419 550 792 25,31%

Les utilisateurs actifs sont dénommés « Entleihende » ou « Akt. Benuzer ». Les extérieurs « Entleihende, darunter: Nicht-Hochschulangehörige » ou « Externe Benuzer ».

Je suppose que les chiffres des étudiants et du personnel scientifique concernent la communauté universitaire à desservir.

 

Les données les plus anciennes disponibles en ligne remontent à 1999. Le périmètre est différent, mais le pourcentage d’extérieurs n’a varié que légèrement (à la baisse) en 14 ans.

Type Nombre Utilisateurs actifs Utilisateurs actifs non affiliés Moyenne
Ensemble 136 1 308 010 367 481 28,10%

 

Au delà de ces chiffres globaux, l’examen des données détaillées permet de repérer 46 BU comptant plus de 30% de lecteurs extérieurs, et 26 en comptant plus de 40%.

La BU joue parfois le rôle de bibliothèque régionale. Ce facteur semble jouer un rôle, mais n’est pas la seule explication: la bibliothèque de la « Hochschul-und Landesbibliothek RheinMain » de Wiesbaden compte 47% d’inscrits extérieurs, mais celle de l' »Universitäts- und Landesbibliothek Bonn » 23% seulement. D’ailleurs les BU comportant le plus d’extérieurs parmi leurs lecteurs ne bénéficient pas de ce statut : 70% pour la « Technische Universität Chemnitz. Universitätsbibliothek », 53% pour l' »Universitätsbibliothek Hannover », 46% pour l' »Universitätsbibliothek Freiburg/Breisgau », etc.

Alors, comment expliquer ces inscriptions si nombreuses en BU? artefact statistiques? politiques incitatives? partenariat avec la lecture publique?

Je suis allé voir quelques sites (sans parler allemand, pas évident donc), et dans la plupart des cas, il m’a semblé que l’inscription était très modique (5 euros souvent, 12 euros à Fribourg…), parfois gratuite (Chemnitz), ou gratuite pour les personnes inscrites dans une autre bibliothèque (cas à Hanovre). Si c’est le cas, cela pourrait peut-être contribuer à expliquer ces chiffres.

 

Si vous avez une expérience des BU allemandes, je suis preneur de tout retour sur le sujet 😉

 

 

 

1 comment to Les lecteurs extérieurs dans les BU allemandes: quelques chiffres

  • VAN BESIEN Hugues

    Bonjour,

    Les BU allemandes, en particulier celles qui sont anciennes, comme Göttingen, Tübingen, les BU berlinoises usw sont généralement détentrices d’un patrimoine imprimé important, que les personnes intéressées vont, en France, plutôt chercher dans les fonds anciens des BM et à la BNF, ce qui doit leur recruter un public supplémentaire, extra-local, peut-être pas très nombreux, mais significatif quand même et assez varié: chercheurs extérieurs, y compris des étrangers, érudits privés, amateurs …. Cela varie beaucoup selon le degré de conservation et de concentration du patrimoine dans les différents Länder.

    Je suppose aussi, sans l’avoir vérifié, que les étudiants du supérieur non universitaires (Fachhochschulen), qui sont assez nombreux et qui fréquentent les BU sont comptabilisés comme des usagers extérieurs. Ces établissements n’ont pas de ressources documentaires comparables à celles des BU. En gros, ces établissements sont une sorte d’intermédiaire ou d’hybride entre les IUT, les écoles professionnelles et les écoles d’ingénieurs dans le système français.

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