Les lecteurs extérieurs dans les BU allemandes: quelques chiffres

Lorsque l’on s’intéresse à la place des lecteurs extérieurs dans le bibliothèques, on tombe assez rapidement sur des exemples étrangers, cités en général avec assez peu de précision. J’ai notamment lu plusieurs fois que les extérieurs pouvaient représenter 20 à 30% des lecteurs dans les BU allemandes.
Plutôt intrigué par ces chiffres, je suis allé fouiller sur le portail bibliotheksstatistik.de qui fournit des informations comparables à l’ESGBU française, à ceci près que les données

  • sont à jour  (les plus récentes sont de 2013),
  • couvrent tous types d’établissements, y compris les lecture publique, les 3 bibliothèques nationales, et les bibliothèques de Land,
  • couvrent également l’Autriche.

Je ne parle pas allemand, donc cela n’a pas été facile, mais voici les résultats pour les bibliothèques des universités et des universités “appliquées” (je traduis – mal sans doute – le mot “Hochschule”).

Les données agrégées données par le portail pour l’année 2013 sont les suivantes:

Type Nombre Etudiants Personnel scientifique Utilisateurs actifs Utilisateurs actifs non affiliés Moyenne
Universités 71 1 503 436 87 399 1 667 454 454 689 27,26%
Universités appliquées 101 458 135 19 824 507 965 96 103 18,91%
Ensemble 172 1 961 571 107 223 2 175 419 550 792 25,31%

Les utilisateurs actifs sont dénommés “Entleihende” ou “Akt. Benuzer”. Les extérieurs “Entleihende, darunter: Nicht-Hochschulangehörige” ou “Externe Benuzer”.

Je suppose que les chiffres des étudiants et du personnel scientifique concernent la communauté universitaire à desservir.

 

Les données les plus anciennes disponibles en ligne remontent à 1999. Le périmètre est différent, mais le pourcentage d’extérieurs n’a varié que légèrement (à la baisse) en 14 ans.

Type Nombre Utilisateurs actifs Utilisateurs actifs non affiliés Moyenne
Universités 52 1 053 142 313 716 29,78%
Universités appliquées 84 254 868 53 765 21,10%
Ensemble 136 1 308 010 367 481 28,10%

 

Au delà de ces chiffres globaux, l’examen des données détaillées permet de repérer 46 BU comptant plus de 30% de lecteurs extérieurs, et 26 en comptant plus de 40%.

La BU joue parfois le rôle de bibliothèque régionale. Ce facteur semble jouer un rôle, mais n’est pas la seule explication: la bibliothèque de la “Hochschul-und Landesbibliothek RheinMain” de Wiesbaden compte 47% d’inscrits extérieurs, mais celle de l’”Universitäts- und Landesbibliothek Bonn” 23% seulement. D’ailleurs les BU comportant le plus d’extérieurs parmi leurs lecteurs ne bénéficient pas de ce statut : 70% pour la “Technische Universität Chemnitz. Universitätsbibliothek”, 53% pour l’”Universitätsbibliothek Hannover”, 46% pour l’”Universitätsbibliothek Freiburg/Breisgau”, etc.

Alors, comment expliquer ces inscriptions si nombreuses en BU? artefact statistiques? politiques incitatives? partenariat avec la lecture publique?

Je suis allé voir quelques sites (sans parler allemand, pas évident donc), et dans la plupart des cas, il m’a semblé que l’inscription était très modique (5 euros souvent, 12 euros à Fribourg…), parfois gratuite (Chemnitz), ou gratuite pour les personnes inscrites dans une autre bibliothèque (cas à Hanovre). Si c’est le cas, cela pourrait peut-être contribuer à expliquer ces chiffres.

 

Si vous avez une expérience des BU allemandes, je suis preneur de tout retour sur le sujet ;-)

 

 

 

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Essai de géolocalisation des BU

Après avoir récupéré toutes les fiches des RCR à partir du site du Sudoc (voir billet précédent), j’ai tenté de les exploiter en créant une carte dynamique. Il s’agit avant tout d’un essai destiné à tester quelques outils.

Les outils

De nombreux outils en ligne ou à télécharger permettent de réaliser des cartes personnalisées, mais je n’ai aucune expérience en la matière. Après avoir lorgné du coté de Géoclip qui permet d’avoir sous la main des jeux de données statistiques intéressants et présente l’avantage d’être centré sur la France, j’ai finalement préféré utiliser Mapbox, et son outil hors ligne TileMill, qui me semblaient plus souples.

Je n’ai pas lu en détail les CGU de Mapbox, mais elles me semblent honnêtes :

Your content is your content. You retain ownership of all content that You contribute to the Services, but in order to provide the Services hereby grant Mapbox a non-exclusive, worldwide, royalty-free, transferable right and license (with the right to sublicense), to use, copy, cache, publish, display, distribute, modify, create derivative works, and store such content and to allow others to do so. On termination of Your membership to the Site and use of the Services, Mapbox shall make all reasonable efforts to promptly remove from the Site and cease use of the content; however, You recognize and agree that caching of or references to the content may not be immediately removed. You warrant, represent, and agree You have the right to grant Mapbox the rights set forth above.

Mapbox peut s’utiliser directement en ligne, après création d’un compte gratuit (il y a des fonctionnalités payantes), ou servir de plateforme de diffusion pour une carte réalisée avec l’outil hors ligne TileMill. Cet outil permet apparemment un travail plus fin et complexe que Mapbox. Je l’ai donc téléchargé sur mon ordi et réalisé la carte avec lui avant de l’uploader vers Mapbox. TileMill permet également d’exporter la carte dans d’autres formats, destinés à l’affichage (PNG, PDF), au graphisme (SVG), ou spécifiquement à la cartographie (MBTiles et Mapnik XML). J’imagine qu’un export dans ces deux derniers formats permettrait de réutiliser la carte dans d’autres logiciels.

TillMill est apparemment une surcouche graphique permettant d’utiliser le moteur de rendu Mapnik (outil libre sous licence GPL 2).

Son usage repose sur:

  • des “couches” d’affichages alimentées par différents fichiers,

Pour cet essai, j’ai utilisé 4 couches :

  • countries : couche installée par défaut, indiquant les limites des pays,
  • 10m-admin-1-states-provinces-lines : limites infranationales de 1er niveau (chez nous, les régions), couche disponible (avec de nombreuses autres) dans le dépôt de couches de Mapbox,
  • bu : couche réalisée à partir d’un fichier csv reprenant les données relatives aux BU et bibliothèques de recherche,
  • villes : couche réalisée à partir d’un fichier csv recensant les villes universitaires.
couches dans TileMill

couches dans TileMill

 

 

 

 

 

 

 

 

Les fichiers csv importés doivent comprendre une ligne d’entête, dont deux colonnes “latitude” et “longitude”, qui seront utilisées automatiquement par le logiciel pour placer les points correspondant à chaque item.

Il faut ensuite appliquer une feuille de style CartoCSS pour définir les éléments à afficher et surtout la manière de le faire…

Voici mon code:

La structure est proche du CSS, mais les propriétés sont différentes.

Chaque #id correspond à une couche de données (on peut aussi les utiliser sous forme de .class mais je n’ai pas testé).

Le langage permet de mettre en oeuvre des conditions, avec la syntaxe [condition], où condition se réfère à une des colonnes d’un jeu de données:

  • [COUNTRYNAM="France"] permet de n’afficher les limites régionales que pour la France,
  • [afficher="x"] permet d’afficher uniquement le nom de certaines villes (mon fichier csv comprend toutes les communes françaises, mais j’ai ajouté une colonne “afficher” contenant la valeur “x” uniquement pour les villes universitaires),
  • #bu [Type="Bibliothèque universitaire"] [Specialite!="Bibliothèque électronique"] joue combine deux conditions : un style d’affichage déterminé est prévu pour les données du fichier “bu” qui sont de type “Bibliothèque universitaire” ET dont la spécialité n’est pas “Bibliothèque électronique”
  • [Sous-type="ESPE"] et [Sous-type="IUT"] permet de cibler les BU rattachées à ces deux types d’établissement.

Les marqueurs peuvent être des ronds (en standard), ou des formes géométriques. J’ai importé un jeu d’icônes (Maki) pour avoir des formes supplémentaires (j’utilise juste le carré et le triangle).

Pour les villes, j’ai uniquement affiché leur nom, sans définir un marqueur. L’affichage des labels est assez casse-pied, et les options assez mal documentées à mon goût, donc le code n’est sans doute pas optimal.

Enfin, TillMill permet de définir une légende (à coder en HTML, avec une lacune : il n’est semble pas possible de réutiliser de manière simple le fichier SVG utilisé pour définir un marqueur dans le code CartoCSS), et deux types d’infobulles : un teaser qui s’affiche au survol, et une boite plus détaillée qui s’affiche après un clic. Les infobulles peuvent contenir des balises html, du texte, et des références à des champs d’une couche de données.

Dans mon cas, le teaser contient

 

Et l’affichage complet

 

Les données

Les fiches des RCR contiennent la latitude et la longitude de la grande majorité des bibliothèques. Mais dans une dizaine de cas j’ai dû les ajouter (en prenant les coordonnées de la ville) à la main, ou les corriger car les données du Sudoc étaient fausses.

D’autre part, j’ai ajouté plusieurs colonnes désignant le type secondaire (pour l’instant juste les bibliothèque d’IUT et d’ESPE), et la spécialité de la bibliothèque. Je n’ai pas exploité cette dernière information, sauf pour exclure de l’affichage les “bibliothèques électroniques”, qui n’accueillent pas de public.

La carte regroupe donc 3 types de bibliothèques, réparties selon les catégories du Sudoc:

Catégorie Nombre dont bibliothèque électroniques
Bibliothèque universitaire 494 60
Bibliothèque d’institut ou de département universitaire 794 1
Bibliothèque d’enseignement supérieur et de recherche hors université 463 13
Total Résultat 1751 74

La dernière catégorie déborde le monde universitaire, puisqu’elle inclut des bibliothèques de grands établissements publics, mais aussi d’écoles privées ou d’EPST (CNRS, INSERM, INRA…) qui participent le plus souvent simplement au Sudoc pour signaler leurs périodiques. Il serait possible de les masquer au besoin.

J’avoue être un peu déçu par la répartition des bibliothèques au sein de ces trois catégories :

  • j’aimerais savoir si une bibliothèque est classée en “bibliothèque d’institut ou de département” sur des critères fonctionnels ou administratifs (bibliothèque “intégrée” ou pas au SCD),
  • certains choix semblent incohérents. Par exemple la bibliothèque de l’INSA de Rouen est dans la catégorie “bibliothèques de recherche et d’enseignement supérieur hors université”, alors que celle de l’INSA de Rennes est dans la catégorie “bibliothèques d’institut ou de département”, alors que l’INSA de Rennes est indépendant (mais il partage son catalogue avec le SCD de Rennes 1, ce qui peut éventuellement expliquer ce choix),
  • on retrouve des ESPE dans les trois catégories, et des IUT dans les deux premières. Pour les ESPE, j’imagine qu’à terme tous ceux qui vont être détachés de leur université pour être repris par une COMUE auront vocation à rejoindre la 3e catégorie.

Concernant les IUT et les ESPE, voici la répartition:

  • “bibliothèques universitaires” :
    • ESPE des académies de Poitiers, Rouen, Créteil, Versailles, Reims, Lyon, Grenoble, et certains de l’académie de Toulouse,
    • IUT des académies de Bordeaux, Montpellier, Paris, Nancy, Strasbourg,
  • “bibliothèques d’instituts ou de département”
    • ESPE des académies de Strasbourg, Besançon, Dijon, Aix-Marseille, Montpellier, Bordeaux, Nantes, Rennes, Caen, Orléans-Tours, Amiens, Clermont-Ferrand
    • tous les IUT sauf pour les Académies de Bordeaux, Montpellier, Paris, Nancy, Strasbourg
  • “bibliothèques de recherche et d’enseignement supérieur hors université”:
    • certains ESPE des académies de Toulouse, et ceux de Paris et Lille.

La carte

Pour l’instant ce n’est pas tout à fait au point, en particulier pour l’affichage de l’outre-mer, le niveau de zoom, qui est réduit par rapport à l’outil hors-ligne (l’espace de stockage dans la version gratuite de Mapbox est limité…), et la superposition des points, parfois gênante, mais voila ce que ça donne (voir en ligne) :

carte dynamique des BU

carte dynamique des BU

Légende :

Légende

Légende

 

Correction:

J’ai remplacé la couche décrivant les régions par deux couches issues d’openstreetmap et publiées sur data.gouv.fr : une pour les régions et une pour les départements.  La couche des départements ne s’affiche qu’à partir d’un certain niveau de zoom. Cette propriété s’obtient en ajoutant la condition [zoom >8] dans le code cartoCSS.

 

Inconvénient (modéré) : la couche “pays” ne coïncide pas parfaitement avec les deux couches “régions” et “départements”, en raison de leur origine différente. Cela crée un effet disgracieux sur les frontières terrestres et maritimes françaises lorsqu’on les observe avec un très fort niveau de zoom.

Exemple avec le vieux port de Marseille:

Une polygone a bouché le vieux port...

Une polygone a bouché le vieux port…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La frontière franco-espagnole:

La frontière franco-espagnole

La frontière franco-espagnole

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai pensé résoudre ce problème en n’affichant pas les frontières françaises (au moyen d’une limitation [NAME!="France"] pour la couche pays.

Mauvaise idée… Les frontières maritimes ne posaient plus de problème, mais la France se retrouvait à la dérive (que fait le gouvernement?)…

La France à la dérive...

La France à la dérive…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bref, tout cela n’est pas très important de toute façon.

Enfin, la carte peut être intégrée à du code HTML au moyen d’une IFRAME (en version “monde”, on peut voir les BU d’outre-mer, mais on ne peut pas zoomer sur elles, cela aurait pris trop de place dans Mapbox)

 

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Deux styles ISO 690 pour le prix d’un

[Edit du 14/08 : le style iso690-note-fr.csl a été accepté dans le dépôt principal des styles CSL. Il peut donc être récupéré directement sans bidouillage

Je n'ai pas encore proposé le second style]

 

J’ai apporté quelques modifications au style de citation Zotero présenté dans le billet du 30 juillet.
D’autre part il m’a semblé utile de créer une variante de ce style, capable de gérer les “op. cit.” et les “ibid.” dans les notes.

Les deux styles sont téléchargeables à partir de cette page :

Je ne rentre pas dans la description détaillée, qui figure dans ce fichier.
Pour l’instant ils ne sont pas intégrés au dépôt de styles supplémentaires de Zotero (mais j’ai bon espoir d’une intégration plus ou moins rapide) donc si vous souhaitez les installer et les tester il faut procéder ainsi:

  • télécharger un (ou les deux) fichiers
  • ouvrir le répertoire où Zotero stocke les styles de citation sur votre machine (Icône engrenage > Préférences > Avancées > Fichiers et données > Afficher le répertoire contenant les données)
  • copier le(s) fichier(s) dans ledit répertoire
  • relancer Firefox (pas sûr que ça soit nécessaire)

 

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Explorons le répertoire des centres de ressources du Sudoc

Le Sudoc permet non seulement d’identifier et de localiser plusieurs millions de documents, mais d’obtenir des informations sur les 3400 (environ) bibliothèques du réseau. C’est ce qu’on appelle le Répertoire des centres de ressources du Sudoc.

Dompter la recherche par type d’établissement

L’interface de recherche propose 4 index :

  • nom de l’établissement
  • ville
  • type d’établissement
  • département (code)
  • numéro RCR

Un document technique de l’ABES nous explique que le numéro RCR, qui identifie chaque bibliothèque est composé de la sorte (sur 9 caractères) :

  • les deux premiers numéros correspondent au numéro du département ;
  • les trois numéros suivants correspondent au code INSEE de la commune ;
  • les deux numéros suivants correspondent au type de bibliothèque ;
  • les deux derniers forment un numéro séquentiel.

Il est dommage de ne pas avoir à disposition la liste des codes identifiant les différents types d’établissements.

Malgré tout, cette liste est facile à obtenir en rusant un peu. Précisément, en se plaçant sur l’index “type d’établissement” et en recherchant l’expression “1″.

Voici le résultat:

 

Les types d'établissements dans le Sudoc

Les types d’établissements dans le Sudoc

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La signification de ces différents codes peut être dénichée dans le guide méthodologique de l’ABES, précisément dans la page documentant la zone R130 des notices décrivant les bibliothèques.

Le résultat de la requête peut donc être complété, ce qui nous donne le tableau suivant:

Nombre de bibliothèques Code Signification
7 00
1 01
26 10 Bibliothèque nationale
401 21 Bibliothèque universitaire
765 22 Bibliothèque d’institut ou de département universitaire
492 23 Bibliothèque d’enseignement supérieur et de recherche ne faisant pas partie de l’Université
9 30 Autre bibliothèque importante non spécialisée
21 40 Bibliothèque scolaire
357 51 Bibliothèque spécialisée tous publics sur fonds publics
350 52 Bibliothèque spécialisée à accès réservé sur fonds publics
153 53 Bibliothèque spécialisée tous publics sur fonds privés
166 54 Bibliothèque spécialisée à accès réservé sur fonds privés
57 61 Bibliothèque municipale classée
175 62 Bibliothèque municipale non classée
21 63 Bibliothèque départementale de prêt
6 64 Autre bibliothèque de lecture publique sur fonds publics
4 65 Autre bibliothèque de lecture publique sur fonds privés
82 99

Nous avons donc un total de 3093 centres de ressources, dont 401 BU, 765 bibliothèques de départements (UFR…) ou instituts dépendant d’une université, et 492 Bibliothèques d’enseignement supérieur et de recherche ne faisant pas partie de l’Université.
Dans le détail, ces catégories ne sont pas forcément homogènes. On retrouve par exemple des bibliothèques d’ESPE/IUFM dans les trois catégories (surtout les deux dernières il me semble). Et qu’entend-on exactement par “bibliothèque universitaire”? La notion recouvre-t-elle celle – administrative – de “bibliothèque intégrée aux SCD”, ou bien est-elle plus fonctionnelle (les bibliothèques “centrales” uniquement)? Existe-t-il une règle homogène, ou bien les établissements disposent-ils d’une certaine liberté pour catégoriser leurs bibliothèques?

Petit souci : nous avons 3 codes (00, 01, 99) qui ne correspondent pas à des types de centres de ressources.

En creusant un peu, il semble que le type de centre de ressource figure normalement à deux endroits dans chaque notice:

- dans la zone 130

- dans le numéro RCR, en position 6 et 7 (ex : pour la Bibliothèque de l’Université de Nîmes. Annexe Hoche, le RCR est 301892105, et le type est 21, c’est à dire “Bibliothèque universitaire”)

Mais dans certains cas, le les postions 6 et 7 du numéro RCR ne correspondent pas à des types reconnus. Or l”index de l’interface de recherche du Sudoc ne porte pas sur la zone 130 (comme on pourrait s’y attendre), mais visiblement sur ces positions 6 et 7.

Concrètement, si nous examinons la fiche de la bibliothèque Diderot de Lyon, il est précisé qu’il s’agit d’une “Bibliothèque universitaire” (donc le code 21 doit être présent en zone 130), mais le RCR (693879901) contient le chiffre 99. Et elle se retrouve donc en bonne place dans les résultats d’une recherche par type d’établissement avec le code 99. Par contre on ne la trouvera pas dans une recherche portant sur le code 21.

La bibliothèque Diderot de Lyon

La bibliothèque Diderot de Lyon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En fait, d’après le descriptif des établissements attributaires d’un code 99, il semble que ce soient pour l’essentiel des bibliothèques numériques. Mais je ne suis pas sûr que ce soit le cas pour le RCR de Diderot (par ailleurs la bibliothèque Diderot dispose de 6 autres fiches, mais il est vrai que la situation et l’histoire de cet établissements sont assez complexes). En tout cas le signalement n’est pas idéal, puisque ce code ne semble pas documenté.

Récupérer une notice XML sur Idref

J’ai découvert avec joie que ces notices d’établissements étaient accessibles sur Idref, au moyen d’un index “RCR”.

Rendons-nous sur l’interface d’Idref et recherchons la notice correspondant à la bibliothèque Diderot:

Recherche de la bibliothèque Diderot dans Idref

Recherche de la bibliothèque Diderot dans Idref

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous arrivons sur une description sommaire, qui nous fournit au passage un permalien vers la notice : http://www.idref.fr/175105332. Ce permalien n’est pas basé sur le RCR, mais sur la zone 001 de la notice, autrement dit le PPN (mais je ne sais pas si l’on peut parler de PPN dans le cas de notices de centres de ressources). Notons que contrairement aux notices de documents, les notices de centres de ressources accessibles via le Sudoc ne présentent pas le PPN ni le permalien. Il faut donc passer par IdRef pour l’obtenir.

A partir des résultats, il possible de télécharger le lot (qui ne comprend qu’une notice…) en MarcXML:

Export en MarcXML

Export en MarcXML

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce qui génère la requête suivante : http://www.idref.fr/OracleSru/OracleSru?Requete=GetDatabaseS%20LstAut%28%27rcr_t:693879901%27,100%29%20GetDatabaseF%20dual, qui attaque l’index “rcr_t” d’IdRef et affiche les 100 premières réponses (je ne comprends pas bien le reste de la syntaxe, il me semble qu’elle a évolué depuis mes tests de jeunesse sur Idref…).

Nous voila avec une belle notice MarcXML, encapsulée dans un élément collection.

Cette notice peut également être récupérée au moyen du permalien, en ajoutant l’extension “.xml” : http://www.idref.fr/175105332.xml

On peut également rechercher un lot de notices en utilisant IdRef.
Pour cela, il suffit de rechercher “.” (ou “a*”) en sélectionnant le type de notice “Rcr”. Nous obtenons bien 3093 réponses.

Recherche de tous les RCR

Recherche de tous les RCR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’interface propose là encore un export en MarcXML, qui correspond à l’URL suivante : http://www.idref.fr/OracleSru/OracleSru?Requete=GetDatabaseS LstAut(‘all:. AND recordtype_z:w’,100) GetDatabaseF dual

Exploiter les données

Après avoir examiné les notices en MarcXML et noté les informations exportées en les comparant à la documentation de l’ABES, j’ai souhaité récupérer les informations suivantes, en les structurant dans un fichier csv : RCR, Nom, Nom usuel, Type, Pays, Code postal, Ville, Réseau documentaire, Conditions d’accès, Notes sur l’accessibilité, Consultation sur place, Prêt à domicile, Conditions d’utilisation.

Pour cela, 2 étapes (en ligne de commande, sous Ubuntu):

  • importer toutes les notices en XML
  • les parser avec une feuille de style XSL

Pour l’import :

curl http://www.idref.fr/OracleSru/OracleSru?Requete=GetDatabaseS%20LstAut%28%27all:.%20AND%20recordtype_z:w%27,3100%29%20GetDatabaseF%20dual > notices.xml

J’avais peur que ma requête soit trop lourde, mais j’ai obtenu toutes les notices en quelques secondes, et – ouf – je n’ai pas planté IdRref.

Pour le parsage :
xsltproc parseur.xsl notices.xml > liste-rcr.csv

J’ai bricolé le parseur sans être un expert du XSL, mais ça fonctionne. J’avais envisagé le cas des champs redoublés, mais apparemment ce n’était pas nécessaire, sauf pour la zone 122. J’avais peur d’avoir des données contenant des “, ce qui aurait perturbé le résultat, mais heureusement ça n’est pas le cas.

Voilà, j’ai maintenant un fichier csv contenant toutes les informations qui m’intéressaient. A vrai dire, je ne suis pas certain d’en faire grand chose, mais je me suis bien amusé ;-)

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Zotero et les styles de citation : épisode 3 – un nouveau style ISO 690 “note”

Ouf!

Après quelques jours de bricolage, mon style de citation ISO 690 “note” commence à ressembler à quelque chose.

Je ne suis pas sûr qu’il soit intégrable tel quel au dépôt officiel de styles CSL, mais j’ai tout de même créé un projet GitHub pour le partager. Voici donc le lien : https://github.com/msaby/wip-zotero-styles/blob/master/iso690-note-fr.csl

Je suis parti du style auteur-date créé par Laure Melifluo, Moichel Hardegger, et Raphaël Grolimund, mais j’ai fait de nombreuses modifications.

Fonctionnement

Je recopie ici la description qui est dans fichier README.pm du projet.

Description

Style compatible avec la norme ISO 690, permettant des citations en notes, avec une bibliographie finale, basé sur la version ISO 690 “author-date” écrite par Mellifluo, Grolimund, Hardegger et Giraud. Ne gère pas les “op.cit” et “ibid” (les références sont répétées)

Choix dans l’interprétation de la norme

Les références sont structurées de manière identique dans les notes et la bibliographie, à deux exceptions près :

  • tous les auteurs principaux sont donnés dans la bibliographie, seulement les trois premiers (suivis de “et al.”) dans les notes
  • la collection n’est donnée que dans la bibliographie

Ponctuation

Les élements constituant les références sont en général séparés par un point (.), sauf quelques exceptions. Les titres des ressources “hôtes” ne sont pas introduites par des guillemets. Les éléments ne figurant pas sur la ressources sont encadrés par des crochets carrés ([]). Les fonctions des créateurs principaux sont entre parenthèses.

Typographie

Le nom des créateurs principaux est en majuscules. Les titres sont en italique sauf si la ressource citée est incluse dans une ressource hôte (dans ce cas, celle-ci est en italique)

Ordre général

Les éléments obligatoires selon la norme sont en gras.

Ressource non incluse dans une ressource hôte:

NOM, Prénom des créateurs principaux (fonction). Titre : Type de rapport n° Numéro de rapport. Volume [Medium]. Genre. Fonction des créateurs secondaires Prénom NOM des créateurs secondaires. Edition. Lieu : Editeur. Numéro (brevets uniquement). Date. [Consulté le Date d'accès]. Collection. ISBN. URL ou DOI. Archive : localisation ou cote. Notes

Ressource incluse dans une ressource hôte

NOM, Prénom des créateurs principaux (fonction). Titre. Dans : CREATEURS DE LA RESSOURCE HÔTE. Titre. Volume [Medium]. Genre. Fonction des créateurs secondaires Prénom NOM des créateurs secondaires. Edition. Lieu : Editeur. Date. [Consulté le Date d'accès]. Collection. ISBN. URL ou DOI. Archive : localisation ou cote. Notes

FIXME : clarifier genre et medium dans le code

Créateurs principaux

Les noms sont en majuscules, et précèdent les prénoms, avec une virgule en séparateur. Les différents auteurs sont séparés par des virgules, sauf le dernier, introduit par “et”. Deux types de créateurs sont gérés : “auteur” et “éditeur”. S’il existe au moins un “auteur”, seuls les auteurs seront mentionnés. Sinon, s’il existe au moins un éditeur, seuls les “éditeurs” seront mentionnés. Les autres types d’auteurs sont traités en créateurs secondaires. Dans les notes, seuls 3 créateurs sont mentionnés. Dans la bibliographie, tous les auteurs le sont.

Le nom des “éditeurs” est suivi de la mention (dir.)

Exceptions : pour les brevets, l’”auteur” au sens de Zotero est en fait un inventeur, qui doit figurer en Créateur secondaire.

Ex:

NOM, Prénom

NOM1, Prénom, NOM2, Prénom et NOM3, Prénom

NOM, Prénom (dir.)

NOM1, Prénom, NOM2, Prénom, NOM3, Prénom, NOM4, Prénom (dir.)

Créateurs secondaires

Les créateurs secondaires sont introduits par leur fonction (ex: “Trad. par”). Les noms sont en majuscules, et suivent les prénoms, avec un espace en séparateur. Les différents auteurs sont séparés par des virgules, sauf le dernier, introduit par “et”. Deux types de créateurs sont gérés : “traducteur” et “auteur” (dans le cas d’un inventeur de brevet). Dans les notes, seuls 3 créateurs sont mentionnés. Dans la bibliographie, tous les auteurs le sont.

Ex:

Inventeur : Prénom NOM

Inventeurs : Prénom NOM1 et Prénom NOM2

Trad. par Prénom NOM1, Prénom NOM2 et Prénom NOM3

Volumes

Si la ressource citée est un volume d’un ouvrage publié en plusieurs volumes, le volume est donné après le titre. Si le champ volume contient un chiffre, le chiffre sera précédé de “Vol. “. S’il contient une expression plus complexe comme “Tome 3, vol. 2″, l’expression sera reprise telle quelle

Ex :

Titre. Vol. 2

Types et numéro de rapport

Si la ressource est un rapport, et qu’un numéro et un type de rapports sont présents dans Zotero, le numéro sera cité, précédé du type et de “n°”. Si un numéro est présent mais pas de type, le type générique “Rapport” sera utilisé. Si le type est présent mais pas le numéro, seul le type est affiché.

Ex :

GOURAULT, Jacqueline et KALTENBACH, Philippe. Les premiers enseignements du quinzième plan de lutte contre la précarité dans la fonction publique : Rapport d’information n°772 (2013-2014) [en ligne]. Paris : Sénat, 23 juillet 2014. [Consulté le 30 juillet 2014].

Dates

la plus complète possible, en fonction des données présentes dans Zotero : “Mois année” pour les articles et “jour mois année” pour les autre ressources, sur le modèle “30 juillet 2014″.

En cas de date inconnue: [s.d.]

FIXME : Pas de gestion des dates incertaines ni des tranches de dates. Vérifier ce que donnent les dates entre crochets

Lieux et Editeurs

Pour les types de documents book map thesis report chapter entry entry-dictionary entry-encyclopedia, en cas de lieu inconnu: [s.l.]. En cas d’éditeur inconnu: [s.n.]. En cas de lieu et d’éditeur inconnu : [s.l. : s.n.]

Contributions dans des monographies et périodiques

“Dans” est utilisé à la place de “In”. Il n’est pas utilisé pour introduire les titres de périodiques (option de la norme).

Si la ressource citée appartient à un type qui suppose normalement la mention d’une ressource hôte, mais que l’information n’est pas saisie (cas fréquent avec le type webpage, pour lequel le titre du site est rarement saisi), la référence est traitée comme une référence à un ressource ne faisant pas partie d’une hôte : pas de “In:”, et titre de la ressource citée en italique.

URL et DOI

Si un DOI est fourni, il doit être suffisant pour obtenir le document. Donc si l’URL est fournie également, elle n’est pas affichée.

Pagination d’un livre

Si la pagination complète d’un livre est présente dans Zotero dans le champ pages, elle n’est pas affichée, ni dans la bibliographie, ni dans les notes.

Collection et numéro dans la collection

La collection et la numérotation sont affichés dans la bibliographie finale, pas dans les notes.

Archives, localisation dans l’archive, cote

Si ces champs sont saisis, ils sont affichés en fin de référence.

**Notes

Si le champ Extra de Zotero contient des informations, elles sont affichées en tant que notes, en toute fin de référence.

Passage précis cité en note

Si un passage précis de la ressource est cité en note (page, section, chapitre, etc), la localisation du passage (le “locator”) est affichée après la date, ou à la place de la pagination “normale” de la ressource (cas des articles et des chapitres). Le passage précis n’est pas indiqué dans la bibliographie.

Ex 1: (citation de la page 226)

note : SELMI, Adel et JOLY, Pierre-Benoit. Les régimes de production des connaissances de la sélection animale. Ontologies, mesures, formes de régulation. ”Sociologie du Travail”. Avril 2014, Vol. 56, no 2, p. 226. DOI 10.1016/j.soctra.2014.03.020.

bibliographie : SELMI, Adel et JOLY, Pierre-Benoit. Les régimes de production des connaissances de la sélection animale. Ontologies, mesures, formes de régulation. ”Sociologie du Travail”. Avril 2014, Vol. 56, no 2, p. 225‑244. DOI 10.1016/j.soctra.2014.03.020.

Ex 2: (citation du chapitre 2)

note : ROCHE, Florence et SABY, Frédéric (dir.). L’avenir des bibliothèques: l’exemple des bibliothèques universitaires. Villeurbanne : Presses de l’Enssib, 2013, chap. 2. ISBN 979-10-91281-13-3.

bibliographie : ROCHE, Florence et SABY, Frédéric (dir.). L’avenir des bibliothèques: l’exemple des bibliothèques universitaires. Villeurbanne : Presses de l’Enssib, 2013. ISBN 979-10-91281-13-3.

Ex 3: (citation de la figure 3)

note : BENTON, Arthur et ANDERSON, Steven W. Aphasia: Historical Perspectives. Dans : SARNO, Martha Taylor (dir.), ”Acquired Aphasia”. 3e édition [en ligne]. San Diego : Academic Press, 1998, fig. 4. [Consulté le 27 juillet 2014]. ISBN 978-0-12-619322-0.

bibliographie : BENTON, Arthur et ANDERSON, Steven W. Aphasia: Historical Perspectives. Dans : SARNO, Martha Taylor (dir.), ”Acquired Aphasia”. 3e édition [en ligne]. San Diego : Academic Press, 1998, p. 1‑24. [Consulté le 27 juillet 2014]. ISBN 978-0-12-619322-0.

Tri de la bibliographie

Le tri se fait par auteurs, puis par titres.

Limites et points à régler

Tout d’abord, le style ne passe pas la validation sur http://simonster.github.io/csl-validator.js/

Le problème semble résider dans les éléments “term” utilisés pour définir des expressions en début de fichier. Je pensais que l’on pouvait en ajouter à loisir, mais il semblerait que non :(

stdin:21:6: error: attribute ^name with invalid value "no place"

Ensuite, le traitement des auteurs secondaires n’est pas totalement satisfaisant. Comme je l’écrivais en commentaire du précédent billet en réponse au commentaire de Gracile, l’ambigüité de l’expression “éditeur” en français et “editor” en anglais rend la tâche assez ardue. Pour résumer, un “éditeur” peut être:

- un éditeur commercial (oublions ce point) ;

- le responsable d’un ouvrage collectif. Dans ce sens là, l’anglais “editor” correspond en français au “directeur de publication”, et plus rarement à “éditeur”. Dans ce cas, la norme ISO 690 conseille de traiter l’éditeur comme un auteur principal ;

- le responsable de la publication ou de l’établissement d’un texte anonyme ou bien rédigé par un ou plusieurs auteurs (ex: L’Iliade d’Homère, éditée par Victor Bérard). Dans ce sens, on emploiera “editor” en anglais et “éditeur” en français. Et l’auteur sera toujours considéré par la norme ISO 690 comme un auteur “secondaire”, comme un traducteur, un préfacier, un illustrateur, un collaborateur… dont la mention est facultative, et doit se placer après le titre.

Un nouveau type correspondant aux directeurs de publication existe dans le langage CSL, mais n’est pas encore implémenté dans Zotero. A suivre donc, mais cela ne règlera pas tout.

D’autre part, il serait très utile de pouvoir avoir des types d’auteurs plus précis que les types actuellement disponibles.

Parmi les autres points problématiques, je relèverai le traitement des dates. Zotero semble aujourd’hui incapable de traiter les dates du type “1924-1926″. Il y a plusieurs fils de discussions à ce sujet sur le forum officiel, mais apparemment pas de solution à prévoir dans un avenir proche.

Toujours concernant les dates, pour citer certaines ressources, notamment les ressources en ligne, il serait souhaitable (et c’est prescrit par la norme) de pouvoir indiquer une date de mise à jour, ce que Zotero ne permet pas actuellement.

Enfin, une variante du style gérant les “op.cit.” et autres “ibid.” serait souhaitable. C’est faisable, et je vais tâcher de m’y atteler.

 

Voilà. Vous pouvez jeter un oeil et le tester si le coeur vous en dit!

Vous aviez votre style, moi j’ai mon style ;-)

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Zotero et les styles de citation – épisode 2 : communauté, documentation et outils

[Edit du 01/08/2014 : en rouge, rajout de plusieurs références]

Suite du billet d’hier (Zotero et les styles de citation – épisode 1)

Je remercie les Zotéristes (il y a un mot?) qui ont réagi à mon billet d’hier et ont éclairé ma lanterne sur certains points, que je récapitule ici.

Stéphanie Bouvier avait rédigé un billet début 2010 pour expliquer le contexte de création des 4 styles France1-4.

Un groupe de travail organisé par le SCD de l’Université de Poitiers alimente une bibliographie imposante (111 documents) et bien organisée, qui contient notamment des informations sur les styles.

Deux sites à connaître :

Concernant les styles francophones :

  • Des discussions sur les styles francophones ont lieu dans une rubrique du forum Zotero
  • Un board Trello est dédié aux styles CSL francophones. Une dizaine de personnes sont actives, la plus impliquée étant semble-t-il Franziska Heimburger, qui a rédigé plusieurs styles pour les besoins de l’EHESS

Documentation sur les styles

Guides pour l’édition de styles :

Conseils de présentation conformes à la norme ISO 690

Outils (en plus d’un bon éditeur de code…)

  • un éditeur de style CSL intégré à Zotero (décrit ici sur le site de Zotero, et évoqué par le guide de T. Lienhard)
  • un éditeur de style CSL en dehors de Zotero, permettant de tester tous les styles du dépôt CSL (attention, certaines subtilités du langage peuvent ne pas être correctement implémentées dans Zotero, donc les tests faits avec cet éditeurs doivent être complétés par des tests en grandeur nature)
  • un validateur de style CSL en ligne

 

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Zotero et les styles de citation – épisode 1

Comme l’expliquait ma voisine de classe il y a quelques jours, les bébés conservateurs que nous sommes doivent s’atteler à la rédaction d’un mémoire d’étude dans les mois à venir. Or qui dit mémoire dit bibliographie. Quel meilleur prétexte pour se plonger dans les arcanes de mon gestionnaire de bibliographie préféré ? Voilà en effet des semaines que j’accumule les références dans Zotero, que je les classe, déclasse, duplique, annote, reclasse, redéclasse avec la joie d’un gamin devant ses cubes. Mais le but de l’opération est bien de les intégrer à un texte à un moment où un autre, en respectant les préconisations de l’école.

Quelles sont ces préconisations? Faire figurer dans le mémoire…

… une bibliographie rédigée selon les normes :

- AFNOR. Références bibliographiques : contenu, forme et structure, norme AFNOR Z 44-OO5 et ISO 690. Paris : AFNOR, 1987. 13 p.

- AFNOR. Références bibliographiques. Partie 2 : documents électroniques, documents complets ou parties de documents, norme AFNOR NF ISO 690-2. Paris : AFNOR, 1998. 18 p.

Tout autre choix de présentation qui se justifierait doit être explicité dans un bref avertissement en tête de la bibliographie. Un logiciel de gestion de références bibliographiques pourra être utilisé.

En complément de ces consignes, deux guides nous sont proposés :

- un guide maison rédigé en janvier 2012 par une enseignante de l’école (actuellement loin de Lyon mais c’est une autre histoire), qui fait référence à la norme ISO 690, en précisant que…

La norme de rédaction d’une notice bibliographique est fixée par la norme Afnor Z 44-005 (décembre 1987), adaptée de la norme ISO 690. Une nouvelle norme ISO 690 a obtenu le statut de norme française en août 2010. Elle présente un certain nombre de modifications par rapport à la norme Z 44-005 décrite ici (simplification des différences typographiques).

- un guide rédigé en 2009 par une personne extérieure à l’école. Puisqu’il est librement accessible sur internet et diffusé sous licence CC BY-NC-SA, voila le lien référence : V. Pierre, Références et citations bibliographiques dans un article scientifique: La norme ISO 690 (Z 44-005). 23 mai 2007. Mise à jour le 14 avril 2009

Ce qui me chiffonne un peu c’est que le guide “maison” ne semble pas tout à fait compatible avec l’autre guide. Et les essais que j’ai pu mener avec Zotero ne me convainquent pas, car les styles de citation compatibles avec l’ISO 690 ne permettent pas de faire figurer des références dans des notes en bas de page, ce qui est la pratique courante dans les mémoires d’étude de conservateurs.

J’ai donc pris quelques jours pour approfondir le dossier, dans le but d’écrire mon propre style, en me basant sur ceux existant déjà. Au delà de l’intérêt immédiat, l’exercice est intéressant, car il permet d’approfondir le fonctionnement de Zotero, et l’usage de la norme ISO 690 (j’ai beau être dans le métier depuis 2007, je n’ai qu’une connaissance assez superficielle des styles de citation utilisés par les étudiants et les chercheurs, car j’ai été biberonné à d’autres normes, exclusivement utilisées par les bibliothécaires, notamment la norme NZ 44-050)

Le style en question est déjà bien avancé, mais dans ce billet je me contenterai de quelques remarques préliminaires.

Zotero et les styles CSL

Zotero permet d’utiliser de nombreux styles de citations. Chaque style est défini dans un fichier .csl rédigé en utilisant le Citation Style Language, un format XML utilisé pour décrire les références, citations, et bibliographies, et maintenu par le projet Citationstyle, séparément de Zotero. On trouve en ligne les spécifications du CSL, ainsi qu’un guide introductif.

Les styles se distinguent par leur manière

  • de structurer les références,
  • de les appeler dans le texte,
  • de les lister dans la bibliographie finale.

Un appel de citation peut être se faire

  • directement dans le corps du texte, en utilisant
    • le nom de l’auteur (ex : [Tartenpion]),
    • le nom suivi de la date (ex: [Tartenpion 2010]) ,
    • un “label” construit en concaténant le nom et la date (ex: [tartenpion10]),
    • un numéro correspondant à l’ordre de citation de la ressource dans le texte (ex: [1]).
  • sous forme de notes (de bas de page ou reportée en fin de texte) appelées par un numéro ou un symbole quelconque (tel que *). Le système de numérotation ou de symboles ne fait pas en lui-même partie du langage CSL.

Le choix du type de citation est déterminé par la valeur d’un élément category affecté d’un attribut citation-format, en début de fichier.  Les valeurs possibles sont “autor-date”, “author”, “numeric”, “label” et “note”.

12 styles sont fournis en standard avec Zotero (voir la liste sur github).

5 sont de type “auteur-date”:

  1. American Anthropological Association
  2. Americain Psychological Association 6th edition
  3. Cell
  4. Chicago Manual of Style 16th edition (author-date)
  5. Elsevier Harvard (with titles)

3 sont de type “note”:

  1. Chicago Manual of Style 16th edition (fullnote bibliography)
  2. Chicago Manual of Style 16th edition (note)
  3. Modern Humanities Research Association 3rd edition (note with bibliography)

3 sont de type “numérique” :

  1. IEEE
  2. Nature
  3. Vancouver

1 est de type “auteur” :

  1. Modern Language Association 7th edition

En plus de ces styles pré-installés, il est possible d’en ajouter de nouveaux à partir d’une liste plus de 7000 styles issus du dépôt de styles collaboratif du projet Citationstyle. Le dépôt est également accessible sur Github.

La norme ISO 690

Parmi ces styles supplémentaires, plusieurs font référence à la norme ISO 690, dont l’usage est recommandé pour la rédaction des mémoires de l’ENSSIB.

L’ISO 690 est une norme internationale qui donne des principes directeurs pour la rédaction de références bibliographiques et de citations. Elle s’applique à tout type de ressources ayant fait l’objet d’une publication, y compris sous forme électronique, mais exclut de son périmètre les documents manuscrits ou non publiés.  La version en vigueur est la 3e édition publiée par l’ISO en 2010. Sa traduction française a été homologuée en France par l’AFNOR sous la référence NF ISO 690:2010, dans cadre de classement Z 44-005.

Jusqu’en 2010, la 2e édition de la norme se présentait sous la forme de deux documents : un premier volet publié en 1987, et un second en 1997, consacré aux documents électroniques. La 2e édition de 1987 succédait à une 1re édition de 1975.

Malheureusement, comme la plupart des normes, l’ISO 690 n’est pas accessible en ligne librement. Elle est vendue  — cher — par l’ISO comme par l’AFNOR. On peut cependant arriver à la dénicher en pdf dans sa version anglaise en cherchant bien dans Google, mais je ne suis pas persuadé que le lien direct soit bien légal, donc si cela vous intéresse, jouez du “filetype:pdf”, ça ne devrait pas être trop compliqué ;-). Cette difficulté d’accès explique sans doute :

  • le faible usage de cette norme dans le milieu académique
  • la référence fréquente à la 2e édition dans différents guides et recommandations, alors que cette version est censée être caduque.

Les différences entre les prescriptions de la 2e édition et la 3e sont paraît-il minimes, mais je n’ai trouvé nulle part un comparatif détaillé (encore un contrecoup de  la difficulté d’accès).

Il y a heureusement de nombreux guides d’implémentation rédigés par des universités ou des écoles. Parmi les complets et faciles d’accès, je citerais:

Une des particularités de la norme ISO 690 par rapport à d’autres styles de citations est d’être un cadre assez souple, sujet à interprétation, ce qui explique les divergences (souvent minimes) entre les différents guides. Dans le cadre d’une intégration à Zotero, la gestion de certaines de ces variations supposent un paramétrage du fichier CSL générant les références à intégrer au texte rédigé. D’autres seront plus facilement gérées au moment de l’import des données bibliographiques dans Zotero. Et il est probable que certaines ne pourront pas l’être de manière automatique (par exemple, comment Zotero pourrait-il décider qu’un titre est “long” et peut être abrégé?)

Pour la construction des références, voici quelques exemples de ces choix reposant sur le jugement ou les besoins du créateur de la bibliographie :

  • la norme ne prescrit pas de ponctuation ni de choix typographiques particuliers (§ 4.4)
  • dans certains cas, le responsable éditorial d’un document collectif peut être cité en auteur principal (§ 5.1). Dans d’autres cas, en auteur secondaire. La distinction semble assez délicate, surtout dans le cadre d’une implémentation informatique.
  • s’il y a plusieurs auteurs, le nom des auteurs suivant le premier peuvent être sous la forme “NOM, Prénom” comme le 1er auteur, mais également “Prénom, NOM” (§ 5.4.1)
  • s’il y a plusieurs auteurs, “il peut être approprié” de débuter la référence par le titre ou la collection, au lieu des auteurs (§ 5.4.1). L’exemple donné est une compilation musicale.
  • s’il y a plus de 3 auteurs, il est préférable de tous les indiquer, mais il est aussi possible d’en omettre certains. En cas d’omission, le 1er auteur doit obligatoirement être donne, suivi de “et al.” ou “et autres”. L’exemple de la norme ne donne que le 1er auteur, mais j’imagine qu’un nombre indéfini d’auteurs peut être donné (§ 5.4.2)
  • la mention des auteurs secondaires (qui se fait après le titre) est facultative : “Pour faciliter l’identification d’une ressource donnée, ou compte tenu de l’objectif de la citation” (§ 5.4.5)
  • si des auteurs secondaires sont mentionnés, l’indication de leur fonction n’est pas normalisée, mais doit être faite “de façon à identifier clairement la relation entre la fonction considérée et tout ou partie de la ressource” (§ 5.4.5)
  • si le véritable nom d’un pseudonyme est connu, il est possible de l’indiquer entre [ ] après son pseudonyme (§ 5.5)
  • les références à des oeuvres anonymes “peuvent” (sans que cela soit une obligation) être introduites par “Anon.” dans le cas d’une citation de type “auteur-date”, et par le titre dans les autres cas (§ 5.6)
  • si la ressource est plus connue sous un titre alternatif, ce titre “peut” être ajouté entre [] après le titre privilégié (§ 6.1.3)
  • un titre très long “peut” être abrégé (§ 6.1.4)
  • les sous-titres “peuvent” être omis s’ils ne donnent pas d’information essentielle sur la ressource (§ 6.1.5)
  • un titre ambigu ou comprenant une abréviation peu claire “peut” être explicité entre [] (§ 6.1.6)
  • “si des conférences régulières se sont tenues sous le même titre, il peut s’avérer nécessaire d’ajouter la date et le lieu de la conférence à titre de précision” (§ 6.5)
  • le “In:” est nécessaire devant un titre de monographie, mais facultatif devant un nom de périodique. Et il peut être remplacé le cas échéant par des équivalents dans d’autres langues (“dans” en français ?) (§ 6.4)
  • “si nécessaire”, la nature de la ressource doit être précisée entre [] (§ 7)
  • en cas de ressource mise à jour, il est possible d’indiquer uniquement la date de mise à jour, ou bien “pour plus de clarté” la date de publication initiale et la date de mise à jour (§ 8.2)
  • le terme “volume” ou les termes équivalents pour décrire des parties de publication en série “peuvent” être omis si la typographie et la ponctuation permettent de les remplacer (§ 10.3)
  • la collection et le numéro dans la collection “peuvent” être donnés (§ 11)
  • la classification, les dimensions, le  prix et la disponibilité, la langue de la ressource ou une marque déposée “peuvent” être transcrits (§ 14.2 à 6)
  • la citation des normes, rapports techniques en collection et publications similaires fait l’objet d’un paragraphe (§ 15.10), mais leur traitement reste assez allusif: la norme indique que la collection et le numéro constituent des éléments essentiels, et que la collection peut être abrégée. Mais dans les exemples donnés, l’emplacement de ces mentions au sein des références n’est pas claire : doivent-ils figurer après le titre ou après la date? Et peut-on étendre ces conseils à des rapports parlementaires, aux rapports thématiques de l’inspection générale des bibliothèques, ou aux rapports d’activité d’une organisation?

Pour l’utilisation des références dans des citations, la norme permet également plusieurs techniques, détaillées dans l’annexe A (auteur-date, numéro de la référence, note). Mais cette annexe n’a de valeur qu’informative, et les choix qui y sont présentés peuvent donc être discutés. Ainsi, dans le cas des citations sous forme de notes :

  • la norme ne prévoit pas que la note puisse contenir une référence sous une forme courte, ou adaptée (par exemple en utilisant la forme “Prénom NOM”), et qu’une bibliographie finale contienne la version détaillée de la référence. Cette pratique se rencontre pourtant.
  • la norme n’évoque pas la possibilité d’avoir recours les abréviations “op. cit” et “ibid”, couramment utilisées dans les travaux de SHS francophones. Si une note renvoie à une ressource citée dans une note précédente, elle peut soit répéter la référence intégrale, soit donner le nom de l’auteur et la référence de la note précédente, en précisant si nécessaire la pagination. Par exemple, la note 2 “2. STIEG, M.F., The information needs of historians. College and Research Libraries. 1981. 42(6). p. 549-560″ peut être suivie d’une note 3  “3. STIEG, réf. 2. p. 555″.

Ces pratiques sont-elles pour autant contraires à la norme? Je serais tenté de répondre non, dans la mesure où l’annexe A n’a pas de valeur normative…

 Zotero et la norme ISO 690

That’s all folks

La suite au prochain épisode

 

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Quel tarif pour les lecteurs extérieurs en bibliothèque universitaire?

En rouge, corrections du 8 septembre
Pas de considérations métaphysiques dans ce billet. Des faits, rien que des faits, et surtout des sous ! ;-)

La question, qui s’inscrit dans la préparation de mon mémoire : combien coûte l’inscription dans une BU pour un lecteur absolument extérieur au monde universitaire, et ne bénéficiant d’aucune des réductions possibles (la liste des réductions varie fortement d’un établissement à l’autre. Disons que notre Monsieur Lambda n’est ni chômeur, ni étudiant d’une autre université, ni retraité de l’éducation nationale unijambiste inscrit dans une formation continue co-organisée par un établissement conventionné, etc) ?

Pour répondre à cette question j’ai dû dresser un tableau en examinant un par un les sites des BU françaises. J’ai exclu pour l’instant les BIU parisiennes (et la BU LSH de Lyon), les INSA et autres écoles, et les BU de Nouvelle Calédonie et du Pacifique (les tarifs sont en Francs Pacifique). J’ai par contre inclus les 3 universités technologiques (Troyes, Compiègne, Belfort).

[Mais quel est le sadique qui  a inventé la grammaire française? Pourquoi j'ai exclu mais j'ai inclus? Hein? Pourquoi?]

Restent 73 établissements, dont j’ai repris les intitulés “ESGBU” pour simplifier.

Bilan :

- une bibliothèque où apparemment aucun extérieur ne peut s’inscrire : Paris 2 (Assas). Accès limité sans doute lié à l’histoire particulière de Paris 2 qui a longtemps été privée de BU (mais vous me direz, c’était aussi le cas de Paris 7…)

- 2 BU qui n’indiquent pas les tarifs sur leurs sites (et j’ai cherché!) : Paris 1 (Panthéon-Sorbonne) et Paris 5 (Descartes) Correction : l’inscription est gratuite à Paris 1 et de 68 euros à Paris Descartes

- 70 72 BU fournissant cette information

Parmi ces 70 72, le tarif médian est de 35 euros.

Dans le détail, le “pivot” est de 34 euros, autrement dit le montant des droits versés par les étudiants pour la bibliothèque lors de leur inscription (montant fixé par arrêté pour l’année 2013-2014, et revalorisé régulièrement), qui sert donc de référence à la plupart des établissements pour fixer leurs tarifs pour le grand public.
Certaines bibliothèques utilisent ce montant de référence comme un “tarif réduit”, dont bénéficient par exemple les étudiants d’autres universités, ou les personnels de l’Education nationale. Dans ce cas, elles établissent fréquemment le tarif plein en affectant le montant de 34 euros d’un coefficient multiplicateur (x2, ou plus rarement x1,5, ce qui nous donne soit 68 soit 51 euros) ou en rajoutant 10 euros. Dans une minorité de cas le tarif d’inscription semble totalement décorrélé des 34 euros.

Tarif plein Nombre de bibliothèques
Gratuité 1
Moins de 34 euros 6
34 euros 28
Entre 34 et 68 euros 24
68 euros 9
Plus de 68 euros 4

Une partie des 4 tarifs inférieurs à 34 euros sont probablement des erreurs liés à une mise à jour irrégulière des sites.
Enfin, signalons deux cas particuliers sur lesquels je reviendrai sans doute :
- Toulouse 1, qui propose à ses lecteurs (étudiants, enseignants ou extérieurs) un droit supplémentaire facultatif de 15 euros permettant emprunter plus de documents (politique qui a fait vivement réagir des collègues de Reims et d’Angers en 2010). Le tarif que j’ai retenu ici est le tarif de base pour les extérieurs (44 euros), sans ces 15 eurs.
- Angers, qui propose des tarifs différenciés, mais pour les extérieurs uniquement : avec ou sans accès à la documentation électronique. Jusqu’à cette année, l’inscription “sans documentation électronique” était gratuite, et l’inscription premium à 34 euros. A partir de l’année prochaine, l’inscription de base passera à 15 euros, et l’inscription premium à 50 euros. J’ai retenu 34 euros (pour pouvoir comparer avec un service rendu équivalent dans les autres BU)

Et voila le détail

Nom Zone géographique Type de bibliothèque Type d'établissement Montant plein tarif (€)
PARIS-DAUPHINE Ile-de-France BU Université 200
TROYES Province BU Université Technologique 200
PARIS 10 Ile-de-France BU Université 110
COMPIEGNE Province BU Université technologique 73
BORDEAUX Province BU Université 68
BORDEAUX 3 Province BU Université 68
PARIS 5 Ile-de-France BU Université 68
GRENOBLE 1-INPG Province BIU BIU généraliste 68
GRENOBLE 2 et 3 Province BIU BIU généraliste 68
LYON 1 Province BU Université 68
MONTPELLIER Province BIU BIU généraliste 68
PARIS 11 Ile-de-France BU Université 68
PARIS 6 Ile-de-France BU Université 68
LYON 3 Province BU Université 64
LA REUNION Province BU Université 55
AMIENS Province BU Université 51
CAEN Province BU Université 51
NANTES Province BU Université 51
TOULON Province BU Université 51
ANGERS Province BU Université 34
LORRAINE Province BU Université 50
LA ROCHELLE Province BU Université 48
ALBI (CUFR CHAMPOLLION) Province BU Université 44
TOULOUSE 1 Province BU Université 44
TOULOUSE 2 Province BU Université 44
TOULOUSE 3 Province BU Université 44
VERSAILLES-ST-QUENTIN Ile-de-France BU Université 43,5
RENNES 1 Province BU Université 42
BREST Province BU Université 40
LILLE 1 Province BU Université 40
RENNES 2 Province BU Université 40
AVIGNON Province BU Université 38
LILLE 2 Province BU Université 38
MULHOUSE Province BU Université 36,6
AIX-MARSEILLE Province BU Université 36
MARNE-LA-VALLEE Ile-de-France BU Université 35
SAINT-ETIENNE Province BU Université 35
BESANCON Province BU Université 34,7
ANTILLES GUYANE Province BU Université 34
ARTOIS Province BU Université 34
BRETAGNE-SUD Province BU Université 34
CHAMBERY Province BU Université 34
CLERMONT-FERRAND Province BIU BIU généraliste 34
EVRY VAL-D'ESSONNE Ile-de-France BU Université 34
LE HAVRE Province BU Université 34
LE MANS Province BU Université 34
LILLE 3 Province BU Université 34
LITTORAL Province BU Université 34
LYON 2 Province BU Université 34
NICE Province BU Université 34
NÎMES Province BU Université 34
ORLEANS Province BU Université 34
PARIS 12 Ile-de-France BU Université 34
PARIS 13 Ile-de-France BU Université 34
PARIS 3 Ile-de-France BU Université 34
PARIS 4 Ile-de-France BU Université 34
PARIS 7 Ile-de-France BU Université 34
PARIS 8 Ile-de-France BU Université 34
PAU Province BU Université 34
PERPIGNAN Province BU Université 34
POITIERS Province BU Université 34
REIMS Province BU Université 34
ROUEN Province BU Université 34
STRASBOURG Province BU Université 34
VALENCIENNES Province BU Université 34
DIJON Province BU Université 33
TOURS Province BU Université 33
CERGY-PONTOISE Ile-de-France BU Université 32
LIMOGES Province BU Université 32
BELFORT MONTBELIARD Province BU Université technologique 30
CORTE Province BU Université 30
PARIS 1 Ile-de-France BU Université 0

Une analyse? Pas pour l’instant. Mais j’ai quelques petites idées tout de même…

 

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Ouvrir la BU aux étudiants et chercheurs d’autres universités : l’exemple britannique

J’évoquerai dans ce billet le dispositif ACCESS mis en place au Royaume-Uni et en Irlande (l’Eire) par la SCONUL (Society of College, National and University Libraries). Il vise à garantir au personnel et aux chercheurs, ainsi qu’aux étudiants avancés ou ayant des besoins particuliers un accès à de la documentation universitaire en dehors de leur établissement de rattachement.

La SCONUL

logo Sconul

 

 

 

 

 

Tout d’abord, quelques mots sur la SCONUL : cette association fondée en 1950 représente toutes les bibliothèques universitaires du Royaume-Uni et d’Irlande, ainsi que les bibliothèques nationales et (depuis 2001) celles de la plupart des « collèges d’enseignement supérieur ». (établissements d’enseignement supérieur, souvent techniques, et n’ayant pas le statut d’université). Son objectif est d’après son plan stratégique 2012-2015 d’ « aider ses membres à fournir des services de pointe à leurs étudiants, chercheurs et universitaires, afin de permettre à leurs institutions d’atteindre l’excellence dans l’enseignement et la recherche ».

À noter : il existe une autre instance regroupant un certain nombre de bibliothèques universitaires sur le même territoire (UK+Irlande) mais de manière plus sélective : la Research libraries UK, dont 34 bibliothèques seulement sont membres. La RLUK a une vocation de soutien à la recherche, plus qu’à l’enseignement. Elle a été à l’origine de COPAC, l’équivalent du Sudoc.

Je ne me lancerai pas dans une comparaison avec la situation française, sinon pour préciser (mais vous l’aurez compris) que ces associations n’ont pas d’équivalent strict chez nous : l’ADBU est historiquement une association d’individus (même si elle cherche a devenir une association d’établissements), et les périmètres fonctionnels (BU+bibliothèques de recherche) et géographiques (deux pays) de la SCONUL et de RLUK sont plus larges.

Une problématique générale dans les bibliothèques de l’enseignement supérieur

Le dispositif ACCESS répond à une problématique identifiée de longue date outre-Manche, mais à laquelle les bibliothèques de l’enseignement supérieur sont confrontées dans tous les pays: des étudiants ou des chercheurs peuvent avoir besoin ou envie de fréquenter une bibliothèque dépendant d’une université à laquelle ils ne sont pas affiliés.

Plusieurs cas de figure peuvent motiver le recours à une autre bibliothèque. Je distinguerais deux types de motivations :

  • la recherche de documents spécifiques (documents patrimoniaux, littérature grise, etc.) absents de la bibliothèque habituelle de l’usager ;
  • la difficulté ou l’impossibilité de recourir aux services de la bibliothèque de rattachement, pour des raisons géographiques, d’emploi du temps, ou de handicap. L’essor de l’enseignement à distance et des formations en alternance rend certainement ces difficultés plus prégnantes aujourd’hui.

À quoi peut-on s’attendre en frappant à la porte d’une bibliothèque ne dépendant pas de son université ? En France, la réponse dépendra de la bibliothèque, et en particulier de sa situation géographique :

  • de manière générale (cela mériterait d’être nuancé, mais aucune synthèse n’existe pour le moment), l’entrée et l’usage sur place des documents sont généralement libres et gratuits en Province, mais réservés aux lecteurs inscrits (membres de l’université et lecteurs autorisés) à Paris.
  • par contre, l’emprunt et les autres services (accès aux ressources électroniques, PEB…) sont réservés aux membres de l’université dont dépend la bibliothèque, sauf en cas d’accord de réciprocité entre établissements. Ces accords peuvent être formalisés dans le cadre d’une Communauté d’universités et d’établissements (COMUE), d’un partenariat régional (feu le Réseau Universitaire Ouest Atlantique) ou d’une simple convention.

À quoi faut-il s’attendre au Royaume-Uni (faisons pour l’instant abstraction du dispositif ACCESS…) ?

  • Pour autant qu’on puisse en juger, la consultation gratuite des collections dans l’enceinte de la bibliothèque semble exceptionnelle, contrairement à la France. À l’université du Bedforshire, la consultation sur place est ainsi facturée aux extérieurs 25£ (avec des possibilités de réduction ou de gratuité dans certains cas) À l’université de Manchester, l’accès libre n’est possible qu’une seule fois, la règle étant qu’un usager extérieur doit s’inscrire, pour 75£ (cette inscription donne droit au prêt, de manière limitée). On peut cependant trouver quelques contre-exemples, comme la bibliothèque de l’université d’Huddersfield ou d’Edinburgh dont les collections sont accessibles gratuitement, mais pas nécessairement librement : à Edinburgh, en période de forte affluence, la bibliothèque est réservée aux étudiants et enseignants de l’université.
  • D’autre part, des accords entre établissements existent, comme en France, et sont souvent signalés avec moult détails sur les sites des bibliothèques. Mais leur périmètre peut être plus restreint qu’en France, et se limiter aux enseignants-chercheurs et étudiants avancés. C’est par exemple le cas du programme liant entre elles les bibliothèques de recherche du Grand Londres (M25).

La politique d’accès des bibliothèques universitaires anglaises est donc historiquement moins « libérale » que celle de leurs homologues françaises. Peut-être est-ce un des facteurs expliquant que plusieurs programmes aient vu le jour à la fin du XXe siècle pour faciliter la vie des étudiants et des chercheurs.

Une histoire ancienne

ACCESS est issu de la fusion en 2007 de deux dispositifs plus anciens :

  • SCONUL Research Extra (SRX) qui s’adressait destiné au personnel et aux étudiants avancés (doctorants),
  • UK Libraries Plus (UKLP), qui s’adressait aux étudiants « postgraduate » (en gros l’équivalent de notre niveau Master) ainsi qu’aux étudiants à distance, en alternance ou à temps partiel.

Lors de son lancement en 1999, UK Libraries Plus ne concernait que les aux étudiants à distance, en alternance ou à temps partiel, et a été étendu en 2005 aux étudiants « postgraduate » à plein temps (voir une actualité de l’université de Southampton)

Un article de 2007, dont un préprint est en ligne, donne un aperçu intéressant de la mise en place du service (E. J. Adam, A vital lifeline: UK Libraries Plus 1999-2006. (lien vers le pdf). SCONUL Focus, 40 . pp. 89-93).

Je traduis le résumé, et je souligne :

Il peut sembler incroyable aujourd’hui qu’il y a seulement huit ans il n’existait aucun programme national pour permettre aux étudiants d’accéder et d’emprunter dans les bibliothèques de l’enseignement supérieur. Pourtant le besoin était clair. Avec toujours plus d’étudiants à temps partiel, étudiant souvent loin de l’université ou du “collège” dans lequel ils se sont inscrits, les bibliothèques étaient confrontées aux plaintes continuelles des étudiants ne pouvant obtenir un accès facile aux documents dont la lecture était attendue dans leur cursus. Les étudiants en alternance, passant souvent plusieurs semaines loin de leur établissement et pourtant censés réaliser des travaux dans leurs cursus, faisaient face aux mêmes problèmes. Dans certaines régions, des dispositifs comme London Plus (depuis 1988) permettaient en partie de répondre à ces besoins, mais il suffisait que l’usager change de région pour ne plus rien avoir. Encore pire, de nombreuses bibliothèques, même lorsqu’elles avaient mis en place des dispositions détaillées pour les étudiants à temps partiel de leur propre institution, faisaient en sorte que des barrières soient en place pour que le service ne soit pas débordé par les malotrus de l’université voisine. Lorsque j’étais en poste à l’université South Bank, je me souviens que je devais maintenir une longue liste de ceux que nous laissions entrer ou pas.

SCONUL Research Extra a été mis en place plus tardivement, en 2003, le dispositif UK Libraries Plus ayant servi de modèle. Il a fait suite à plusieurs initiatives prises dans les années 1990 pour faciliter l’accès à la documentation aux chercheurs en déplacement, comme le rappelle un article de 2006 (J. Hall, SCONUL Research Extra. Liber Quarterly, 2006). Il a notamment pris la suite du Research Support Libraries Programme, initié en 1999, dont l’objectif était plus large, mais qui a contribué à populariser l’idée d’une « collection nationale répartie des ressources documentaires universitaires »

En 2007 ces deux programmes ont donc fusionné, mais leur périmètre était différent, tant en ce qui concerne les publics ciblés que les établissements partenaires, ce qui explique l’apparente complexité d’ACCESS : une identité unique recouvrant des services différenciés destinés à des publics clairement identifiés.

Profiter d’ACCESS aujourd’hui

Le dispositif est basé sur la réciprocité entre établissements et sur une catégorisation des usagers en quatre groupes (« bands »). Quasiment toutes les bibliothèques universitaires adhèrent au système (environ 180), mais chaque bibliothèque peut très bien ne faire profiter du dispositif que les usagers du groupe A (par exemple la Queen’s University de Belfast), du groupe B, du groupe A et B, etc. Seules certaines utilisent toutes les possibilités du dispositif (la London School of Economics par exemple)

Les trois premiers groupes sont :

  • groupe A :
    • personnel (enseignants et support)
    • étudiants « post-graduate » effectuant un travail de recherche
  • groupe B :
    • étudiants « undergraduate » ou « post-graduate » à temps partiel (statut en général accordé pour des raisons familiales ou médicales, ou en cas de travail salarié)
    • étudiants suivant un enseignement à distance
    • étudiants suivant un enseignement en alternance (“placement”)
  • groupe C : étudiants « post-graduate » n’effectuant pas de travail de recherche (« taught courses students », mutatis mutandis, l’équivalent d’un Master pro chez nous)

Le dernier groupe, R, est particulier, car il n’est pas destiné à permettre l’emprunt de documents, contrairement aux trois premiers, mais la simple consultation sur place (« reference »). Il concerne les étudiants « undergraduate » ordinaires.

Enfin, il existe un dispositif complémentaire (utile pour les établissements ne donnant pas de droits au groupe R, si je comprends bien), qui permet à des étudiants « undergraduate » d’utiliser les services d’une bibliothèque qui n’est pas la leur, pendant les périodes de vacances universitaires.

Pour profiter du dispositif, l’usager doit se rendre sur la rubrique dédiée sur le site de la SCONUL. Une FAQ détaille les différents cas de figure. Un formulaire en ligne lui permet de préciser à quelle catégorie il appartient, et à quelle université. Il doit choisir l’université dont il souhaite utiliser la bibliothèque (mais son inscription sera valide dans d’autres établissements après acceptation). La demande est traitée par son université de rattachement, qui lui envoie un courriel de confirmation. Lors de la première visite dans l’établissement auquel il souhaite accéder, il devra se présenter avec sa carte d’étudiant ou professionnelle, et une copie du courriel afin d’établir une carte. Certaines bibliothèques demandent en outre une photo d’identité. L’émission de la carte est normalement gratuite, mais certaines bibliothèques la facturent tout de même quelques livres.

182 BU ouvertes pour un chercheur de l'université West London

182 BU ouvertes pour un chercheur de l’université West London

Le dispositif se caractérise par sa grande souplesse pour les établissements : outre l’existence de quatre catégories, chaque bibliothèque décide des services exacts qu’il propose aux bénéficiaires : condition de prêt, accès au PEB, au matériel informatique ou aux ressources électroniques. En général seul le prêt est possible, avec parfois un accès à quelques ressources électroniques, sur place uniquement.

De plus, une bibliothèque peut tout à fait restreindre temporairement l’accès ou le prêt pour une catégorie d’usagers, ou pour l’ensemble des extérieurs, notamment pendant les périodes d’examens. L’accès aux étudiants extérieurs a par exemple été bloqué dans les bibliothèques de l’université de Glasgow du 14 avril au 1er juin 2014.

En guise de conclusion : expérience exotique ou source d’inspiration ?

Sans vouloir tomber dans le cliché facile, la grande flexibilité du dispositif et le fait qu’il soit géré par une association d’établissements et non par les pouvoirs publics dénote un « pragmatisme » dont nous avons parfois du mal à faire preuve de ce côté de la Manche. Ouups, je suis tombé dans le cliché facile :wink:

Bien sûr, ce dispositif ne pourrait pas être transposé tel quel en France. Certains de ses volets seraient globalement inutiles chez nous : l’accès sans possibilité de prêt (groupe R et accès pendant les vacances universitaires) aurait peu de sens en France compte tenu de nos pratiques actuelles, sauf peut être dans les BU parisiennes.

Par contre, permettre aux chercheurs, étudiants avancés et aux étudiants « empêchés » à un titre ou un autre (étudiants à distance, en alternance, handicapés, etc) d’emprunter des documents dans la BU de leur choix pourrait être une piste intéressante d’amélioration du service rendu par les BU. Resterait à calculer le coût d’une telle mesure (je n’ai pas trouvé d’évaluation du coût d’ACCESS), et à trouver un pilote…

Qu’en pensez-vous ?

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Bilan du concours de conservateur d’Etat

Ou: comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer les déménagements.

À la demande du peuple, je réveille le blog au bois dormant pour faire un point sur les épreuves du concours de conservateur d’Etat, en particulier sur les oraux qui ont eu lieu il y a trois semaines.
En interne, nous étions vingt admissibles, pour sept postes. Six de moins qu’en 2008… Les promotions sont nettement plus réduites qu’il y a quelques années, mais j’ignore si c’est un effet de la démographie, ou une volonté délibérée de “repyramider” la filière bibliothèque en réduisant le nombre de conservateurs, comme le souhaite clairement l’IGB (voir son dernier rapport sur les emplois en bibliothèques).
Bref, inutile de faire durer le suspense, j’ai été pris en 6e position, en grande partie grâce aux notes obtenues aux épreuves écrites (plutôt inhabituel pour moi, en général les oraux me sont plutôt profitables). Je vais revenir brièvement sur les épreuves écrites, avant d’aborder dans une deuxième partie les épreuves orales, et de conclure dans une envolée lyrique sur la troisième mi-temps qui s’annonce. (ça c’est du plan, n’est-il pas?)

Les écrits

Ils se sont déroulés à la mi avril. Les sujets en interne étaient :

  • pour la dissertation (5h) : “Quel sens l’érudition peut-elle avoir aujourd’hui ?”
  • pour la note de synthèse (4h) : un dossier sur la musique en bibliothèque : “En matière musicale, l’offre des bibliothèques est-elle le reflet de la préoccupation des publics ?”.

La note de synthèse

Je n’ai pas conservé mes brouillons mais voici ce qui surnage de mes souvenirs. Le dossier était assez facile à traiter, et un axe de lecture était clairement suggéré (offre vs “préoccupation” des publics). Les documents étaient plutôt anciens (une dizaine d’années), mais cela n’a pas d’incidence sur ce genre d’exercice, où il faut à tout prix éviter d’insérer des idées ne figurant pas dans le dossier. J’ai très peu traité un ou deux documents que j’arrivais pas à caser dans mon plan, notamment un texte de l’ACIM peu compréhensible, et un article du BBF écrit – ô surprise – en langue BBF.

En gros, j’ai dégagé

1/ la crise d’un ancien modèle

a/ définition de cet ancien modèle (les “discothèques” séparées du reste de la bibliothèque, centrées sur le disque etc)

b/ pourquoi est-il en crise (notamment parce qu’il n’est plus adapté aux “préoccupation des publics”)

2/ vers un nouveau modèle

a/ des efforts d’adaptations de l’offre aux préoccupations des publics

b/ mais lents et pas encore suffisants

Oui, on ne peut pas faire plus bateau, mais en 4h à moins d’être un génie ou un pro de la lecture rapide, il ne faut pas s’amuser à chercher midi à 14h ! L’essentiel est d’avoir un plan cohérent et équilibré, qui réponde à une problématique pas trop farfelue, et d’y caser toutes les idées principales du dossier, la plupart des idées secondaires, et un ou deux exemples.

Pour ceux qui voudraient tenter ce concours, il faut éviter de formater la note comme on le ferait pour un concours administratif (pas de timbre, pas de destinataire etc). Il faut faire une introduction et une conclusion, et ne pas titrer les parties. Enfin, on ne plaisante pas avec le respect de la longueur imposée (4 pages) et l’équilibre des parties et sous-parties (petite astuce : faire des marques au crayon de papier sur la copie pour ne pas se laisser déborder par son inspiration…)

La dissertation

Un érudit 100% pur humaniste

Erasme par Holbein le jeune : garanti 100% érudit humaniste

Au concours de conservateur territorial, en interne, le sujet de culture générale portait sur les politiques culturelles des 40 dernières années. Le sujet du concours d’Etat était très différent, puisqu’il nous invitait à réfléchir sur la notion d’érudition et son sens aujourd’hui. Autrement dit, il demandait moins de connaissances culturelles “précises” et laissait je pense plus de marge de manoeuvre aux candidats. Plutôt le genre de sujet que j’apprécie.

Sans refaire la dissert, une erreur aurait sans doute été de considérer l’érudition comme un vague synonyme de “culture générale”. D’autre part l’érudition est plutôt caricaturée dans la société d’aujourd’hui, mais cela n’a pas toujours été le cas. Ma thèse a été de montrer que l’érudition est “en crise” depuis plusieurs siècles. Les premiers humanistes faisaient preuve d’érudition (disons d’une culture à la fois large et très approfondie reposant sur l’étude de textes anciens et supposant des connaissances linguistiques et une méthode critique) pour connaître l’histoire, la littérature, les arts et les sciences. Mais le XVIIe et le XVIIIe siècles marquent je pense un repli de l’érudition sur la connaissance proprement historique. J’ai cité Descartes tentant de refonder la science sur une base an-historique (la méthode, les mathématiques, l’expérimentation…). Mais même dans le domaine de l’histoire, si l’érudition a été fondamentale (de Mabillon à l’école méthodique du XIXe), et reste appréciée, elle n’est plus la qualité première d’un historien, qui ne peut pas se contenter d’établir naïvement des “faits” à partir de documents. Enfin, j’ai défini l’érudition comme une sorte de “passion pour la constitution et le partage du savoir”, qui pouvait prendre des formes nouvelles aujourd’hui, notamment avec Wikipédia (avec une forme d’investissement personnel plus “éparpillé” qu’autrefois, sur des sujets souvent moins “nobles”, mais je pense que l’analogie peut se défendre)

Pour aller plus loin, la définition de l’érudition dans le Trésor de la langue française : sens A : “Pratique d’une méthode consistant à rassembler des documents nombreux et souvent exhaustifs autour d’une recherche” ; sens B :Connaissances accumulées par l’emploi de cette méthode.”. Le TLF cite plusieurs emplois péjoratifs : “fausse érudition” (ce qui laisse entendre que la vraie érudition peut avoir un sens), “poussiéreux travaux d’érudition”.

Pour Wikipédia, “L’érudition désigne une grande étendue de savoir conférant une connaissance profonde et étendue en littérature, en philologie, résultant le plus souvent de l’étude et de la lecture étendue des documents consacrés au sujet plutôt qu’à des études scolaires.”

Enfin, je découvre l’intéressant article de l’Encyclopédie, écrit par D’Alembert : “Ce mot, qui vient du latin erudire, enseigner, signifie proprement & à la lettre, savoir, connoissance ; mais on l’a plus particulierement appliqué au genre de savoir qui consiste dans la connoissance des faits, & qui est le fruit d’une grande lecture. On a réservé le nom de science pour les connoissances qui ont plus immédiatement besoin du raisonnement & de la réflexion, telles que la Physique, les Mathématiques, &c. & celui de belles-lettres pour les productions agréables de l’esprit, dans lesquelles l’imagination a plus de part, telles que l’Eloquence, la Poésie, &c. L’érudition, considérée par rapport à l’état présent des lettres, renferme trois branches principales, la connoissance de l’Histoire, celle des Langues, & celle des Livres.”

A la fin du XVIIIe siècle, l’érudition se distingue donc couramment de la “science” et des arts. Cela me rassure, vu que j’ai évoqué cette idée dans ma 1re partie ;-)

Les oraux

En interne comme en externe, l’oral comprend trois épreuves : langue étrangère, culture générale, entretien sur la motivation professionnelle.

L’épreuve de langue

L’épreuve de langue est très légère en interne, puisqu’il s’agit de traduire un texte d’une dizaine ou d’une quinzaine de lignes, avec l’aide d’un dictionnaire, puis de discuter en français avec le jury (sur des points de traduction et de civilisation). Dans son dernier rapport, le jury semble souhaiter que les exigences linguistiques soient renforcées pour les internes. Je serais assez d’accord : on pourrait ne maintenir qu’une seule langue (contre deux en interne), mais en faire une véritable épreuve, ce qui implique une conversation dans la langue souhaitée.

J’avais choisi l’anglais, et j’ai eu à traduire un texte du journal the Independant sur la critique faite par le maire de Londres au gouvernement Cameron, coupable de “mollesse” envers les syndicalistes anglais, en particulier ceux du métro. En filigrane, on percevait les ambitions nationales de Boris Jonhson. Rien à dire, sinon que j’ai appris que le métro de Londres était beaucoup plus profond que le métro parisien.

Le jury m’a demandé de lire le texte, ce qui n’est apparemment pas systématique. Quelques légères difficultés : traduire : backbenchers (j’ai traduit par “parlementaires de base” mais il n’y a pas d’équivalent exact en français), traduire le titre (la traduction littérale me semblait très lourde en français. J’ai reformulé, le jury m’a demandé ensuite la raison de mes choix). J’ai failli buter sur le faux ami “to curb”. Dans le contexte, j’ai traduit “union members” par “travailleurs syndiqués” plutôt que par un simple “syndicalistes”. Enfin ma traduction de “clampdown” était assez alambiquée. Le jury m’a demandé la signification de “clamp” tout court, que j’ignorais.

Voici le texte :

Boris : toughen up union strikes rules

By: David Hughes

Tories have demanded a clampdown on trade unions in a show of “Thatcherite zeal” aimed at stopping a wave of industrial unrest.
Mayor of London Boris Johnson is backing calls for tough laws to make it harder to call strikes.

London Mayor Boris Johnson and backbench MPs want tough laws to make it harder to call strikes in an echo of Baroness Thatcher’s campaign to curb union powers in the 1980s. Mr Johnson said it was “farcical” that a strike could be called with the backing of just a fraction of union members eligible to vote.

A recent report by the Conservative group on the London Assembly said Tube strikes in the capital cost the economy £48 million a day, estimating that industrial action between 2005 and 2009 cost £1 billion.

Mr Johnson told The Sun: “The idea that a strike can be called by a majority of those that vote, rather than a majority of all those balloted, is farcical. It often results in a strike backed by just one in 10 union members, antagonising millions of commuters in the process and costing London and the UK billions every year. I’d urge the Government to act with some Thatcherite zeal and at the very least legislate against strikes supported by less than half of all union members.”

The call for new laws making it illegal to take action without the support of more than 50% of members follows unions raising the prospect of a general strike in protest at the Government’s austerity measures.

 L’entretien de culture générale

Le texte à commenter était un extrait du discours de réception de Simone Veil à l’Académie française par Jean d’Ormesson. Le discours complet est consultable sur le site de l’Académie. L’extrait ne comprenait que les premiers paragraphes, où J. d’Ormesson évoque Racine et quelques figures plus ou moins oubliées. La carrière de Simone Veil n’y est pas développée, mais simplement évoquée en quelques mots. J’ai donc centré le commentaire sur l’institution elle même, profondément traditionnelle (par son héritage et son fonctionnement), et sur le portrait des académiciens esquissé par l’auteur (quelques grands auteurs, beaucoup d’anonymes, quelques grandes figures, et une ouverture tardive aux femmes). Mon commentaire était assez vasouilleux, mais la discussion avec le jury s’est bien passée et m’a sans doute permis de corriger le tir.

Les questions liées au texte ont porté sur :

- l’Académie

- l’Institut de France (combien d’Académies ? expertise scientifique de l’Académie des Sciences que l’on ne retrouve pas dans les autres Académies)

- le comportement des Académiciens pendant et après la guerre : Pétain et Maurras furent condamnés à l’indignité nationale, mais leurs sièges furent laissés vacants jusqu’à leur mort. Ainsi, en 1953, Pierre Benoît fut élu au fauteuil de Pétain et prononça comme le veut la tradition l’éloge de son prédécesseur, en concédant que “Le Maréchal Pétain a tracé dans notre histoire des pages dont les unes demeurent lumineuses et dont les autres prêtent à des interprétations qui se heurtent encore et suscitent des passions toujours vives”

- le caractère “républicain” de l’Académie (auquel l’auteur faisait allusion). J’ai soutenu que ce n’était qu’un vernis, son histoire et son recrutement par cooptation en faisant plutôt un héritage de l’Ancien Régime. Mais on m’a fait remarquer que c’est le président de la République qui patronne l’Académie. Les détails sont exposés ici

- Henri de Régnier, évoqué dans le texte. Je ne connaissais pas

- Albert de Mun, idem. Je l’ai confondu avec Marc Sangnier, mais je me suis repris in extremis

- Xavier Darcos (récemment élu contre A. Compagnon)

- les intellectuels (parce que j’avais dit que certains Académiciens ne le sont pas vraiment…)

Les questions “libres” ont portés sur :

- le bloc de constitutionnalité

- la Convention européenne des droits de l’homme

- la fracture numérique

- le livre récemment commis par A. Minc sur Bousquet et Jean Moulin

- le film Lacombe Lucien de Louis Malle (que je n’ai pas vu…) et son co-scénariste, l’écrivain Modiano

- et enfin, qui je placerais à l’Académie Française et au Panthéon si j’en avais le pouvoir

L’entretien sur la motivation professionnelle

Le texte à commenter était un article du Monde consacré aux inégalités salariales entre hommes et femmes, et aux mesures prévues par la loi du 9/11/2010 pour contraindre les entreprises à élaborer des plans afin de les corriger. J’ai replacé cette mesure dans le cadre plus général des luttes contre les discriminations (loi de 2005). Après avoir détaillé les objectifs de la loi de 2010 et sa mise en application, j’ai indiqué que d’autres actions seraient nécessaires et possibles pour aller plus loin dans l’égalité entre hommes et femmes au travail.

Je pense avoir plutôt bien commenté le texte, ce qui ne m’a pas empêché d’avoir une note très faible… Cela confirme en tout cas ce que le jury écrit dans le dernier rapport : dans cette épreuve, le commentaire compte beaucoup moins que l’entretien. Je pense également que, comme dans les concours ITRF, le jury profite de cette épreuve pour classer les candidats plutôt que pour “évaluer” leur qualité supposée. Autrement dit, il est sans doute assez facile d’avoir une très bonne note si le jury a clairement envie de travailler avec vous, ou une très mauvaise dès qu’il a un doute. Mais il faudrait en parler avec le jury pour confirmer cette impression…

Le jury m’a posé quelques questions sur le texte et le thème de l’égalité hommes / femmes :

- Quels sont les dispositifs concrets (non cités dans le texte) qu’une entreprise peut détailler dans un plan, pour se conformer à la loi de 2010 ? Je n’ai pas répondu de manière très précise…

- Si les hommes prennent plus de congés parentaux, est-ce que cela ne va pas nuire à leur carrière? Question posée par un homme ;-)

- Et la fonction publique dans tout ça? Pour moi l’égalité salariale entre personnes chargées de la même tâche est réglée par le régime statutaire, mais pas l’égalité dans la progression des carrières, et l’accès à des postes de direction.

- Quel organe dans une Université pourrait avoir à discuter des primes, des horaires de travail, etc? J’ai évoqué le comité technique

Le jury ne m’a posé que très peu de questions directes sur mon parcours (il avait mon dossier RAEP) : pourquoi avoir quitté l’enseignement (il y a 7 ans environ) ? pourquoi avoir commencé ma carrière dans un IUFM ? En quoi consiste le service d’informatique documentaire dans mon établissement actuel? Il ne m’a posé aucune question concrète sur mon travail, ni sur les documents que j’avais joints au dossier RAEP, ce qui m’a plutôt surpris.

Les principales questions “personnelles” furent :

- mon départ de l’enseignement. Je pensais avoir bien présenté les choses, mais cela n’a peut être pas convenu au jury.

- la différence entre bibliothécaire et conservateur.

- quel serait mon “style de management” (j’ai été peut être un peu confus, faisant l’éloge de la communication interne dans les organisation au lieu de répondre clairement à la question. J’aurais dû répondre “le management par la peuuuur”, ça aurait eu le mérite d’être clair!)

- si j’étais attiré par le patrimoine (à cause de mon cursus). J’ai essayé de montrer que oui, pour ne pas passer pour le geek de service.

- pourquoi j’avais conclu mon dossier RAEP en envisageant mon avenir comme responsable d’un service informatique? J’aurais sans doute dû être plus “ouvert” au lieu d’insister sur ce point…

- la question-peau-de-banane : “Que pensez-vous de la situation de la bibliothèque [biiiip] ?”. Lors de la discussion, j’ai évoqué une bibliothèque, ce qui a fait réagir l’inspectrice des bibliothèques présente dans le jury, qui m’a demandé mon avis sur sa situation. J’ai sans doute manqué de diplomatie en évoquant surtout des points négatifs, ce qui a pu faire conclure au jury que j’aurais mal vécu une affectation dans cet établissement.

Bref, au final, une sale note, sans doute à cause de quelques maladresses lors de l’oral et dans mon dossier, mais je ne saurais pas en dire plus, ce qui est un peu frustrant!

Et maintenant?

Je viens de recevoir les papiers de l’ENSSIB : la scolarité débute le 6 janvier et dure 18 mois (oui, ce n’est pas un scoop ;-) ). Je vais donc continuer de sévir à Rennes 2 jusqu’en décembre.

Et, tant qu’on y est, si vous libérez un grand studio ou un F2 sympa à Villeurbanne ou Lyon en janvier, je suis preneur!

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