Merci Cujas!

Tous les stages de formation continue n’ont pas le même intérêt (et j’euphémise…). Celui que je viens de suivre à la bibliothèque Cujas restera comme un bon souvenir, et surtout une source d’information précieuse sur le droit et la documentation juridique en bibliothèque.

Organisé par Médiadix, et assuré par des collègues en poste à Cujas, ce stage ne s’adresse pas spécialement à des acquéreurs (contrairement à ce que laisse croire la fiche de Médiadix, qu’ils devront corrigerpour une prochaine session), mais plutôt à des personnes dirigeant une section de droit, ou assurant du renseignement et/ou des formations.

Sur 5 jours, sont abordés, après une introduction générale au droit, la documentation électronique gratuite (sur le droit français et de l’UE), la documentation électronique payante, les revues papier, et les enyclopédies papier.

Une après-midi a été prévue pour visiter les salles de droit de la BnF en compagnie d’un acquéreur, et, point original, la dernière demi-journée a été consacré à un dialogue avec une professeure de droit, qui nous a fait part de son expérience d’usagère et des besoins de ses étudiants.

J’ai beau travailler depuis deux ans à la BU de Droit-Lettres, je n’ai pas honte de dire que je maîtrise certaines ressources moins bien que d’autres, et ce, pour plusieurs raisons : elles sont parfois d’un maniement difficile, nos étudiants (surtout de niveau L) les sollicitent peu, nos chercheurs les utilisent, mais sans nous demander de l’aide, et je ne les ai jamais approfondies pour les présenter en formation.

Et puis, nous n’avons pas tous le temps de faire de la « veille » sur les nouvelles ressources, notamment les gratuites, surtout dans une BU pluridisciplinaire. Combien de collègues n’ont-ils découvert l’indispensable site circulaires.gouv.fr (en ligne depuis mai 2009) qu’à l’occasion de la polémique récente sur la circulaire ciblant les Roms (qui d’ailleurs n’était pas sur ce site, ce qui est un autre problème)?

Personnellement, peut-être parce que je n’ai pas connu la BU sans ses bases électroniques, j’ai une bien meilleure familiarité avec les sites de dalloz, lextenso ou lexisnexis qu’avec les ressources imprimées. J’imagine que ce sera le contraire pour des collègues ayant manipulé le Bulletin Civil de la cour de Cassation ou les multiples tables de la Gazette du Palais pendant des décennies.

Comme nous formons avant tout les étudiants aux ressources en ligne, et que les ressources papier sont de moins en moins utilisées (tout en restant indispensables, notamment pour toutes les décisions et commentaires datant d’avant les années 1990), je ne sais pas si j’aurais pu corriger de moi-même ce déséquilibre dans mon approche de la documentation juridique.

D’où l’intérêt de ce stage, ou de tout type de formation équivalente en interne ou en externe : donner une vue d’ensemble du droit et de la documentation juridique, et insister sur des ressources méconnues ou d’un usage ardu.

En ce qui me concerne, j’ai appris à utiliser plus efficacement la base de donnée Doctrinal, les revues papier (ahhh, les tables de la Gaz. Pal…) et les encylopédies papier. D’autres y auront peut-être gagné une familiarité avec les bases de données des éditeurs juridiques.

Un autre aspect intéressant de ce stage a été le dialogue sans langue de bois avec une enseignant-chercheur. Je n’imaginais pas que le point de vue porté sur la documentation pouvait être aussi différent entre « nous » et « eux ».

Un petit exemple : pour nous, l’idée qu’un enseignant aille de lui-même rechercher sa documentation dans « nos » magasins est très mal vécu. En général, c’est interdit, et lorsque c’est autorisé – du bout des lèvres -, il s’agit d’un « privilège » dont le bénéficiaire devrait nous être éternellement reconnaissant.

Pour un chercheur, surtout s’il a connu une grande bibliothèque de recherche anglo-saxonne, il est impensable d’attendre 1/2 h le moindre document, et encore moins de se voir répondre « manquant au récolement depuis 2005 ». Accéder aux magasins est donc perçu comme quelque chose de normal, et non comme un privilège.

Autre exemple : le PEB ne fonctionne pas entre les bibliothèques d’Ile de France, ce qui semblait proprement hallucinant à notre chercheuse. Il est vrai que quand on connaît les conditions de circulation dans la région, cette limitation peut surprendre. Pourquoi peut-on faire un PEB entre Amiens et Reims, Nancy et Metz, et pas entre Nanterre et Marne la Vallée? (Je m’avance peut-être un peu trop, merci de me corriger si je me trompe).

Evidemment, il n’y a pas de solutions simples à tous ces problèmes, mais de tels échanges avec les usagers (chercheurs ou étudiants) me semblent très précieux pour nous.

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