Le couronnement de (et par) Poppée

[Le fichier cité dans cet article étant désormais inutile, il a été supprimé début juillet]

Enfin! Après deux semaines de rumeurs, de bruits de couloirs et de supputations hasardeuses, les postes ouverts aux lauréats du concours de bibliothécaire d’Etat sont enfin publiés sur Poppee. Les 30 candidats admis sur liste principale (en interne et en externe) ont 20 jours pour faire leur marché parmi les 32 postes proposés, dont 7 postes attribués à la mairie de Paris et réservés aux seuls externes. Bizarrement, on ne compte aucun poste à la BNF ni à la BPI.

Malheureusement, Poppee est une application obsolète et peu pratique (impossible de faire un lien direct sur la page des résultats), et surtout les données fournies sont très limitées : nom de l’établissement, nombre de poste, numéro de téléphone.

Pas d’adresse de courriel, pas de nom de responsable, pas de site, et surtout pas de fiches de poste (tiens, j’ai envie d’accorder « poste », mais non, j’imagine que l’Académie ne serait pas d’accord…).

J’ai donc repris hier les données de Poppée dans un tableau Google afin de pouvoir les compléter. Et je suis heureux de constater que de nombreux collègues contactés par Twitter ou par mail s’en sont emparés pour faire des ajouts.

Si cela vous intéresse, vous pouvez  consulter ce document, ou le modifier librement en cliquant sur ce lien.
En complément des informations issues de Poppée ou des sites des différentes BU, vous pouvez ajouter un descriptif des postes, ou un lien vers les fiches de poste si elles existent, mais comme ces informations ne sont – sauf exception – pas publiques,  merci de ne le faire que pour les établissement  qui vous auront donné leur accord.

Si vous voulez me contacter pour savoir quels postes m’intéressent ou pour tout autre raison, mon courriel personnel est indiqué dans mon CV.

Enfin, pour finir, un peu de détente : Pur ti miro. Je sais, ce n’est pas très rock, mais j’adore…

Bon choix à tous 😉

Journées de l’ABES ou journées des BU ?

Depuis leur clôture le 18 mai, les « journées ABES » ont eu quelques échos sur Twitter, et sûrement devant les machines à café de nos BU respectives. Mais pour l’instant, sauf  erreur, seuls deux biblioblogs les ont évoquées, ici et . Sans prétendre à une quelconque expertise sur les chantiers évoqués par l’ABES, je vous livre en vrac quelques impressions qui rejoignent globalement celles de Lully. Si j’ai le temps, je reviendrai ultérieurement sur le contenu des projets (vous pouvez consulter les présentations des intervenants sur le site de l’ABES), mais j’aimerais insister ici sur le double aspect journées de l’ABES / Journées du réseau, qu’à évoqué Lully.

Montpellier capitale des BU pour deux jours

Montpellier capitale des BU pour deux jours

En tant que correspondant catalogage, ces 1 (TGV) +2+1 (TGV) jours à Montpellier m’ont été très précieux. Car parmi les 450 personnes réunies au Corum ne figuraient pas que le gratin de la bibliotwittosphère, mais aussi tous ces collègues qui travaillent dans l’ombre pour maintenir nos SIGB, gérer nos ressources électroniques, ou veiller à la cohérence et à la qualité de nos données. Si vous ne faites pas partie de leurs collègues de bureau, et que vous n’êtes pas « sur les listes », vous avez toutes les chances de ne jamais avoir entendu parler d’eux. Et pourtant, sans leur dynamisme et leur professionnalisme, l’ABES aurait bien du mal à concrétiser ses projets.

Ayant encore assez peu d’expérience en BU (4 ans), beaucoup de collègues d’autres universités n’étaient pour moi que des noms, ou dans le meilleur des cas des avatars sur Twitter. Sur ce plan, assister aux JABES a été une expérience professionnellement très enrichissante. Les mauvaises langues diront que l’enrichissement a surtout été pour tous les barmen, serveuses, marchands de glaces italiennes (miam…) que nous avons fait travailler sans relâche pendant quelques jours. Ils n’auront pas tout à fait tort… Mais on ne peut pas réduire les JABES à cela. Rencontrer physiquement au moins une fois nos homologues du réseau (et les collègues de l’ABES, bien sûr!) est indispensable pour pouvoir savoir quelles personnes répondront le plus volontiers à nos questions professionnelles, ou seront enthousiastes pour s’impliquer dans des projets communs.

Ces collègues sont dans une position parfois ambiguë, qui peut devenir être inconfortable : à la fois bras armé de l’ABES, dont ils mettent en oeuvre les consignes, ou subissent les choix, et acteurs autonomes qui peuvent proposer des améliorations aux outils de l’ABES (Sudoc + par exemple), exprimer des désaccords ou des doutes sur certaines options de l’agence, essayer de faire valoir leur vues,  ou concevoir ensemble des projets plus ou moins indépendants des choix de l’ABES.

Dans le monde merveilleux des bibliothèques, il n’y a pas que des rapports techniques et des groupes pilotages officiels. La communauté des BU a son existence propre, avec ses dynamiques, ses tensions et ses enjeux. En coulisse, les rapports de force, les affinités personnelles, les alliances plus ou moins implicites pèsent d’un poids non négligeable, bien que très difficilement saisissables par un modeste correspondant catalogage.

Point positif, l’ABES n’est pas du tout fermée au dialogue avec les établissements du réseau. Depuis toujours, ils ont été associés à l’élaboration de certaines procédures ou décisions. Mais il est intéressant d’observer l’évolution des modalités techniques de cette collaboration, et du niveau auquel elle s’exerce (L’AURA, les directions des établissements, les professionnels directement impliqués dans le travail?). Par exemple, sans avoir assez d’expérience pour en juger avec sûreté, il me semble que l’AURA (association des utilisateurs des réseaux de l’ABES) est aujourd’hui plus associé aux choix de l’ABES qu’elle ne l’était il y a quelques années. Pour les questions catalographiques,  l’AURA doit ainsi depuis janvier 2011 donner son accord pour que les décisions des groupes de travail communs à l’ABES et au réseau soient validées. Le but est d’éviter que les décisions des groupes de travail ne soient contestées par les membres du réseau qui n’y auraient pas pris part, mais aux yeux de certains collègues, la conséquence semble être une plus grande lourdeur, voir lenteur, pour la validation de certaines propositions.

De manière plus visible, l’ABES  a officiellement pris en compte le réseau en l’intégrant à la conception de son nouveau projet d’établissement. C’est dans ce cadre que trois ateliers thématiques ont été organisés par l’ABES avant les journées elles-mêmes, pour que les personnes intéressées donnent leur avis sur ses projets en matière de SIGB partagé, de ressources électroniques, et de valorisation du patrimoine. Les 60 places ont été attribuées en quelques heures, ce qui est un signe de l’implication et de l’intérêt de nos collègues  pour ces questions.

On pourrait multiplier les éléments témoignant de cette politique d’ouverture, mais il faut aussi en constater les limites. Dans le déroulement même des journées, les projets des établissements ne sont abordés que dans des ateliers. D’autre part le programme très dense des journées et les quelques menus retards inévitables dans de telles rencontres ont rendu le plus souvent très brefs voire inexistants les échanges entre les orateurs et la salle. C’est subjectif, mais j’avais moins ressenti cette urgence lors des journées de 2009 (lors desquelles je me souviens avoir eu le temps de préparer et de poser quelques questions). Y-a-t-il des solutions ? Sans doute pas sur le fond, car l’agenda de l’ABES est incroyablement chargé, et faire tenir en 2 jours la présentation de tous les chantiers en cours est déjà une gageure. Peut-être certaines interventions redondantes pourraient elles être écourtées pour laisser plus de « respiration » ?

Mais la solution n’est peut-être pas à rechercher dans une refonte des journées. Peut-être la création d’outils de collaboration entre les membres du réseau (wikis? blogs? listes?) pourrait-elle faire émerger en son sein de véritables débats, stratégiques et techniques, qui ne pourraient qu’enrichir notre travail avec l’ABES.

Qu’en pensez-vous?

Oral du concours de bibliothécaire d’Etat

Après une journée à trépigner, je me suis résolu a admettre que – Rogntudju ! – les résultats du concours de Bibliothécaire externe ne tomberont pas ce soir. Etonnant, car les résultats de l’interne ont été donnés à midi (félicitations à tous!).
Alors, en attendant, voici un petit compte rendu de mes épreuves à l’oral.

Culture générale

Au jury : 3 personnes, dont J-C. Utard, le directeur des bibliothèques de la ville de Paris. J’ai oublié le nom des autres.

Le texte était cet article de La Croix du 16/2/2011, consacré à la loi « Prisunic ». Je dois avouer que j’ai respiré… Si j’avais eu un article sur la pratique de la danse contemporaine dans le Bas Berry, je ne sais pas trop ce que j’aurais eu à dire.

J’ai fait un plan en deux parties. En gros :

1. Le modèle du législateur : le livre papier (réduction de TVA, adaptation de la loi Lang au livre électronique, modèle du téléchargement à l’unité…)

2. Pourquoi ça coince (la loi sera soit inefficace soit injuste, de toute façon critiquable par l’Europe…)

En conclusion : Le législateur aurait pu en profiter pour se pencher sur d’autres aspects (relations auteurs/éditeurs), et envisager des modèles économiques plus innovants.

Parmi les questions du jury dont je me souviens encore 4 jours plus tard :

  • Quels sont les supports de lecture des livres électroniques? Avez-vous déjà testé ?
  • Citez des expériences de prêt d’e-books en BU et BM.
  • Vous avez parlé du livre homothétique. Que pensez-vous du livre transmédia (je ne connaissais pas l’expression, du coup j’ai fait dériver sur le livre multimédia et enrichi en général) ?
  • Le livre papier va-t-il disparaître?
  • Quelle est la part de marché des e-books en France ? et aux USA ?
  • Quelles sont les revendications des auteurs face aux éditeurs dans le cadre du passage au numérique ?
  • Quels éléments du contrat de droit d’auteur sont inadaptés au numérique et devront être revus?
  • Citez des exemples d’auteurs auto-édités sur internet avant de l’être en papier? (JC Utard pensait aux blogs de BD, notamment à Pénélope B.)

Texte sur une situation professionnelle et motivation

Au jury, 3 personne dont j’ai oublié le nom.

Le texte était un article d’une revue de management, consacré au « management interculturel ».

J’ai fait un plan en deux parties, en critiquant pas mal le texte, que je trouvais insipide et un peu caricatural (du genre : les Français sont bordéliques, les Américains bosseurs, etc…) :

1. La réalité des différences de culture : incontestable, mais il faut éviter les stéréotypes, penser aux identités multiples, croisées…

2. Comment gérer ces différences dans le cadre d’une organisation : comme une réalité à « accepter » par le manager (un peu l’idée du texte) ou comme un atout (développer l’innovation en s’appuyant sur la pluralité des regards…)

Parmi les questions du jury dont je me souviens encore :

  • Est-ce que les idées portées par ce texte pourraient s’appliquer au travail en bibliothèque?
  • Et à notre rapport avec les usagers d’une bibliothèque? (Là j’ai essayé de recaser mon voyage d’étude au Danemark et en Suède ;-))
  • Y-a-t-il une culture d’entreprise en bibliothèque ?

2e partie de l’entretien : « motivation », qui s’est bizarrement et subrepticement transformé en oral de catalogage!

  • Parlez-vous un peu de vous.
  • Pourquoi voulez-vous devenir bib?
  • Puisque vous êtes catalogueur, si demain vous étiez responsable du catalogage, que feriez-vous?
  • Comment feriez-vous pour valoriser une offre d’ebooks ? (décidément, c’est une obsession !!)

Pas de question sur mes hobbies, le prénom de ma grand-mère, les autres concours que j’aurais pu passer, mon expérience de l’enseignement (que j’ai évoquée), la différence entre un poste technique et un poste de responsabilité, etc.

A mon avis, j’ai un peu raté cette épreuve, car mes réponses ont été trop « techniques », et pas assez « managériales ». Mais j’avais une meilleure impression en sortant de la salle…

Oral d’anglais

Deux personne au jury : un conservateur et une agrégée d’anglais.

Le texte était cet article du Guardian, consacré au Robin des bois de Ridley Scott, et plus généralement aux libertés que peut ou doit prendre l’artiste par rapport aux réalités historiques.

Ils m’ont fait lire environ 3 paragraphes, avant de me demander de traduire le passage surligné sur ma copie, que je recopie ici (en italique, les points qu’ils m’ont fait reprendre, et en gras ceux sur lesquels j’ai coincé même à la reprise)

If you do not find history interesting, it does not matter – the historical fantasy does not have to mean anything or depict anything true about the past. But if you do think historical fiction should deliver some kind of historical meat, it does not have to be served up sedately.

I was surprised that critics were so hard on the supposed inaccuracy of Ridley Scott’s Robin Hood. It plays around with the legend of the green man of the forest – which never was a true story – and garbles the story of King John and Magna Carta: but so what? Ridley Scott loves the colours and textures of other times and places. In all his history epics he goes out of his way to recreate not so much the narrative details as the look and heft of history: the design of a medieval siege engine, the rituals of a particular moment. In Robin Hood, there is a shot of London that features a loving reconstruction of the old gothic St Paul’s – burnt in the great fire of London – at the heart of what by present-day standards is just a town surrounded by forest. Whatever its faults, it makes you realise that medieval England was a far greener country, with far fewer people, living in a world still dominated by natural cycles and seasons.

Ensuite la discussion a porté sur le texte, puis sur la fiction historique en général, et sur l’histoire comme science.

That’s all folks!

« J’ai vu passer ça sur la liste, je vais vérifier dans les archives »

Si cette phrase vous semble familière, c’est sans doute que vous travaillez en BU, et plus précisément sur un poste lié de près ou de loin au catalogage.
Et dans ce cas, vous n’aurez aucune difficulté à identifier « SUCAT« , la liste de diffusion à laquelle presque tous les catalogueurs sont abonnés en BU. Cette liste sert à l’ABES à diffuser ses consignes. Mais c’est aussi un lieu d’échange et de débat entre catalogueurs.

Je vais un peu vite en besogne, car si vous êtes spécialiste du patrimoine, vous pensez certainement à Bibliopat, si vous travaillez en section musique, à la liste Discothecaires, et bien sûr, si vous êtes un vieux, à Biblio.fr.

Ah, SUCAT, peut-être que dans quelques mois je ne recevrai plus tes messages, si la métempsychose administrative propulse mon âme de fonctionnaire dans un nouveau corps (suivez mon regard, déposez un cierge, immolez une norme au dieu des concours, et donnez moi quelques adresses de bars sympas sur Lyon, à vot’ bon coeur m’sieurs dames).

Et bien oui, si je cesse d’être catalogueur, SUCAT me manquera. Malgré les débats parfois énervants, les coups de gueule, les sempiternels hors-sujets, les questions qui restent sans réponses, les 50 messages simultanés signalant que le SUDOC est en panne à La Roche sur Yon, Nouméa, Perpignan et dans tout le monde connu, et malgré l’interface très « Web 0.0 » de ses archives.

Parce que malgré tous ses défauts, et comme feu Biblio.fr, c’est un élément identitaire fort d’une communauté relativement soudée, les catalogueurs de BU.
Les détournements sont rares mais symptomatiques. Lorsque les BAS se mobilisent contre un projet de décret jugé inique, c’est dans SUCAT qu’ils commencent à se manifester. Personne ne proteste. C’est normal, nous sommes « entre nous », et on peut pour la bonne cause tolérer une petite incartade à la neutralité de cet outil professionnel.

Quel que soit leur contenu, les messages les plus anodins nous rassurent. Tous les jours, d’autres font le même travail que nous, ailleurs. Nous voyons des noms défiler, parfois plus souvent que d’autres. Nous ne les connaissons pas, ne les rencontrerons jamais, et pourtant ce sont des collègues, qui ne travaillent pas seulement avec le même outil, mais dans le même but, et pour la même communauté de lecteurs.

Je crains que ce genre de réflexion ne soit plus tout à fait dans l’air du temps. Autonomie! Autonomie! J’entends les cris de notre tutelle et de nos présidents. Et j’acquiesce : il est légitime que chaque BU s’adapte au mieux à son public, au contexte local, aux choix stratégiques de son université. Mais l’autonomie peut vite tourner à l’impuissance ou à la cacophonie si l’esprit de compétition l’emporte définitivement sur la collaboration. Ce qui est valable pour la recherche (on ne reviendra pas ici sur cette question, mais tapez « labex » ou « idex » dans votre moteur de recherche préféré si vous ne voyez pas ce que je veux dire…) l’est aussi pour les services techniques ou les bibliothèques.

Cet esprit de collaboration, on peut le stimuler par le haut, en développant des partenariats entre établissements, mais on peut également l’entretenir par le bas, en maintenant et renforçant une identité partagée entre les « petites mains » qui font fonctionner les BU au quotidien.
Entendons-nous bien, je ne demande pas à ce que tout le monde s’inscrive sur SUCAT, et je ne pose pas cette liste en modèle absolu. Elle n’est pas sans défauts, et est sans doute sous-exploitée par le réseau.
Mais l’exemple des catalogueurs est atypique : dans le cadre de mes fonctions – catalogage, acquisitions, formations, renseignement – je suis abonné à deux listes, centrées sur le catalogage : SUCAT et CORCAT (certes réservée aux correspondants catalogage). Rien pour le reste. Peut-être que les autres sujets font l’objet de débats dans certains lieux virtuels (listes, blogs, sites d’associations?), mais dans ce cas je ne suis pas au courant. En tout cas je n’y ai pas accès : peut-être que seuls les responsables (les conservateurs donc) y participent ? Alors que n’importe quel catalogueur peut et même doit s’abonner à SUCAT.

Enfin, pour finir, petite digression sur mon identité numérique. C’est une tarte à la crème, et tous les blogueurs ont dû en passer par là, mais je constate à quel point il est enrichissant de participer à plusieurs réseaux, professionnels (sucat, corcat), privés (facebook), et « privéssionnels » (twitter, blogosphère). Encore cet après-midi, un message sur une liste officielle a donné lieu à des allusions sur twitter (ça m’apprendra à vouloir faire de l’humour aussi! ;-)). Parfois c’est simplement sympathique, mais parfois une idée « professionnelle » va naître d’une remarque dans un commentaire de blog ou d’un échange de mail tout à fait informel.
Tout cela est stimulant, mais parfois aussi légèrement inquiétant. Dans les premiers mois de ce blog, je pensais n’être lu que de quelques amis et néanmoins collègues qui savaient pertinemment qui j’étais et où je travaillais. Je n’avais pas non plus cherché à me cacher, puisque ma page « officielle », qui contient mon CV, a toujours pointé vers ce blog. Mais je pensais donc innocemment pouvoir m’exprimer « librement ». Depuis, et malgré le faible nombre de billets postés, jeune padawan je ne suis plus (plus que le blog, je pense que c’est surtout Twitter qui m’a déniaisé). Mais faut-il pour autant modifier mon bandeau pour faire figurer mon nom en gras? L’anonymat est illusoire, mais la discrétion peut avoir ses charmes.

Bonne nuit à tous! et à demain pour de nouvelles aventures sucatesques…

J’aimerais bien cataloguer n’importe quel livre en deux minutes, mais…

Parfois ce n’est pas possible, surtout lorsqu’il faut corriger une notice bien moche créée en deux minutes par une autre BU…

Au début de l’année, les éditions POL ont publié une nouvelle traduction de « The great Gatsby » de Fitzgerald. La traductrice, Julie Wolkenstein, a cherché à se démarquer des traductions précédentes (dues respectivement à Victor Liona en 1945 et Jacques Tournier en 1976) en rendant le texte plus « actuel », et en abandonnant le titre consacré « Gatsby le magnifique » au profit du simple « Gatsby« .

Je ne vais pas rentrer dans la polémique traductologique, d’autant que je n’ai pas lu cette nouvelle version. Par contre, j’ai dû venir à la rescousse d’un collègue qui était chargé de la cataloguer.
Comme il débute dans le métier, il a été surpris – légitimement – par quelques détails de cette notice, créée dans le SUDOC le 4 février 2011, et qui ressemblait alors à ceci :


001 149822308
008 ‎$aAax3
010 ##‎$A978-2-8180-1286-4
100 0#‎$a2011
101 0#‎$afre
102 ##‎$aFR
104 ##‎$ffre
105 ##‎$fa‎$gy
200 1#‎$a@Gatsby‎$bTexte imprimé‎$fFrancis Scott Fitzgerald‎$gtraduit de l'américain par Julie Wolkenstein
210 ##‎$aParis‎$cP.O.L‎$dcop. 2011
215 ##‎$a1 vol. (278 p.)‎$d21 cm
606 ##‎$3035273542@États-Unis -- Moeurs et coutumes -- 20e siècle‎$2rameau
700 #1‎$302686598XFitzgerald, Francis Scott (1896-1940)‎$4070
701 #1‎$3052477266Wolkenstein, Julie (1968-....)‎$4730

Petit quiz

Regardez bien cette notice. Fermez les yeux. Rentrez en vous-même et concentrez-vous sur vos sentiments. Qu’éprouvez-vous  ?

  1. De la lassitude ?
  2. De l’admiration ?
  3. Du dégoût ?
  4. Une migraine ?
  5. Obi-wan-Kenobi ?

Personnellement, je ne suis pas allé jusqu’au dégoût, mais j’ai senti une grande lassitude m’envahir, sur le mode « Pfffft, encore du boulot de sagouin qu’il va falloir reprendre ».
Je passe sur de petits détails, mais les problèmes principaux sont les suivants :

  1. « 101 0#‎$afre » indique que le texte est écrit directement en français, alors qu’il s’agit d’une traduction ;
  2. « 606 ##‎$3035273542@États-Unis -- Moeurs et coutumes -- 20e siècle‎$2rameau » n’a rien à faire dans une notice de roman. C’est une indexation « sujet » qui ne peut être normalement utilisée que pour signaler un ouvrage « documentaire » ;
  3. le titre original « The Great Gatsby » n’apparaît nulle part.

J’ajouterai un autre manque, mais dont on peut pas tenir grief au créateur de la notice : le titre français habituel « Gatsby le Magnifique » n’apparaît pas non plus. Cela devrait être possible dans une zone de note, mais ce n’est pas une obligation.

Pourtant 5 BU s’étaient localisées sous cette notice, sans remarquer ces problèmes, et sans les corriger.

Et en pratique ?

En pratique, si un lecteur vous avait demandé la dernière traduction de « Gatsby le magnifique » ou de « The great Gatsby« , vous ne l’auriez pas trouvé en saisissant ces expressions
Vous ne l’auriez trouvé qu’en tapant « Gatsby« , sans l’adjectif « magnifique » ou « great ».
C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup…

Comment assurer les premiers secours à la notice blessée

Comme je n’avais pas 2h à perdre sur ce cas, je me suis contenté de faire les changements les plus simples : corriger la zone 101 pour indiquer qu’il s’agissait d’un titre traduit de l’anglais, et ajouter deux zones (304 et 454) pour que le titre original soit visible dans la notice, et surtout indexé par le sudoc, et par les SIGB locaux.

J’avais quelques réticences à supprimer la zone 606, pourtant clairement erronée, et j’envisageais d’envoyer un message aux collègues des autres BU pour les prévenir de la correction, mais je constate que ce n’est plus la peine, car aujourd’hui (8 mars), cette zone a disparu de la notice, sans que je sache quelle BU l’a supprimée…

Malgré tout, je ne regrette pas complètement le temps passé à traiter ce cas, car il m’a fait réfléchir au cas des variantes dans les traduction des titres. Je ne sais pas si j’aurais forcément l’occasion de me repencher sur cette question, mais je vais déblayer un coin de mon cerveau pour stocker cette question, qui refera sans doute surface un jour ou l’autre dans le réseau.
Je serais curieux de voir comment la mise en oeuvre d’un modèle « FRBR-compatible » nous permettra – je l’espère! – de signaler facilement à nos lecteurs ce type de situations, pas si rares que cela (ainsi, le « malaise dans la civilisation » de Freud vient d’être retraduit sous le titre de « malaise dans la culture« .)

Redonnons dignité et vie sociale aux notices défigurées

Souvent, je me demande si, avec mes copains correspondants catalogage, nous ne sommes pas les Dr. Troy et McNamara du SUDOC (personnellement je me sens plus Troy que McNamara, pour des raisons sur lesquelles je ne m’étendrai pas ;-))

En règle général, il s’agit de faire un petit lifting à une vieille dame qui commence à accuser son âge.

Ça ne mange pas de pain, l’opération se fait en 1 ou 2 minutes, et l’ancêtre reconnaissante n’aura plus honte de se montrer publiquement dans le SUDOC. Elle prendra bien soin cependant de préserver l’intimité de certaines zones… Parce que le catalogage moderne ne fait pas de miracle! Il faudrait des heures d’opérations, des champs stériles, et des des dizaines de dollars, pour transformer en top-model une pauvre hère privée de soins depuis des années, et arrivée quasi-clandestinement dans notre catalogue depuis d’improbables contrées (souvent son accent mal dissimulé trahit des origines worldcatesques).

Ah, si nos liftings de notices pouvaient être aussi efficaces... (source : http://www.koreus.com/image/19image-insolite10.html)

Ah, si nos liftings de notices pouvaient être aussi efficaces...
(source : http://www.koreus.com/image/19image-insolite10.html)

Mais parfois, c’est une petite jeune fille défigurée par un psychopathe qui requiert nos soins, ou bien une notice écrabouillée dans un accident industriel. Dans ce cas, il est de notre devoir de redonner un visage humain à ces victimes innocentes, qui sans nous seraient condamnées, mises au ban de la société des notices, sans identité, sans liens avec le reste du monde, et sans aucune visites.
Pour leur éviter ce sort peu enviable, nous procédons à de délicates opérations de catalogage reconstructif. Cela se fait sous anesthésie générale, en mobilisant parfois toute une équipe catalomédicale (un voire deux bureaux, avec, dans les cas les plus graves, l’assistance des plus grands experts de Montpellier ou d’ailleurs).
Et pour que le résultat soit parfait, et les traces de l’intervention indécelables, nous avons recours à un équipement de haute technologie : norme ANFOR, Manuel UNIMARC, guide méthodologique du SUDOC, guide Rameau, guide du catalogueur de la BNF, archives de SUCAT…

Au prochain épisode : quelques exemples de notices passées récemment sur notre table d’opération.

Le catalogage : plus d’utilité, moins de futilité ?

Bon, le jeu de mot est pourri. J’assume…

Le débat sur l’importance du catalogage en bibliothèque n’est pas neuf. Il a été relancé récemment par un conservateur et une (future) technicienne des bibliothèques bien connus dans le petit monde des BU. Il faut lire tous les commentaires postés sous ces deux billets, qui apportent des éclairages parfois inattendus.

Pour ma part, je dirais que le catalogage n’est pas la « mission » des bibliothèques (sauf exception bien sûr), mais qu’il fait indubitablement partie de notre coeur de métier.
Autrement dit, sans catalogage, entendu au sens large (signalement et description des ressources rendues accessibles par une bibliothèque), pas de « rencontre » possible entre le public (composé d’individus aux besoins et aux profils de plus en plus variés) et les ressources offertes (elles aussi de plus en plus diversifiées).
Bien entendu, ce travail peut être mutualisé, automatisé, sous-traité, ou que sais-je encore, mais il faut que quelqu’un s’y colle à un moment ou à un autre.
Mais le fait qu’il soit de plus en plus réalisé en amont par nos prestataires (Electre ou nos fournisseurs), de manière collaborative (dans le réseau SUDOC), ou au contraire par un seul établissement dont nous récupérons les notices (la BnF), est à la fois une chance et un danger.
Une chance, car cela libère du temps pour d’autres tâches, notamment la médiation physique ou numérique des collections.
Un danger, car nous risquons de prendre moins « soin » de nos données. Et sans vouloir reprendre cet horrible mot de « curator », j’aime bien l’idée que les bibliothécaires « prennent soin » de leurs usagers (de leurs besoins, etc.), de leurs documents, ET de leurs données.

Concrètement, le risque le plus important est à mon sens le j’m-en-foutisme rampant. A quoi bon prendre soin de nos données, puisque quelqu’un d’autre s’en chargera bien pour nous ? Je ne compte plus les notices du SUDOC comportant des erreurs plus ou moins importantes, alors qu’une dizaine de BU s’y sont localisées. Comme le lit liberlibri, ce qu’on fait dans le sudoc, c’est plus de la confiture industrielle que de l’épépinage de groseilles…

Donc, on commet des erreurs, ou on ne relève pas les erreurs existantes, ce qui témoigne d’un problème, soit dans la formation des catalogueurs de base, soit dans le contrôle de la qualité des données produites. A moins qu’il ne s’agisse d’un choix assumé par les cadres de nos BU (quelle idée perverse de ma part ;-)) : cataloguer le plus vite possible, faire faire le travail par des vacataires ou des moniteurs, et peu importe les erreurs, elles ne sont pas bien graves et de toute façon quelqu’un les corrigera derrière nous…
Fort heureusement, les bonnes notices sont les plus nombreuses, surtout pour les documents les plus récents, et la plupart des collègues font bien leur travail.
La plupart, la majorité, mais pas tous… Le fait de travailler en réseau, sans connaître ses « collègues virtuels » induit donc un biais psychologique. On ne peut jamais avoir confiance à 100% dans le travail des autres. Le fait de ne pouvoir totalement exclure la présence d’erreurs importantes dans une notice (par exemple, dans le cas de notices importées de la BNF et corrigées trop rapidement, deux espaces au lieu d’un en début de ligne peuvent gravement perturber l’import de certaines notices dans les SIGB locaux) va inciter les catalogueurs scrupuleux à redoubler de prudence : au lieu de s’exemplariser en 2 minutes, ils en prendront 4 ou 5, pour s’assurer que le travail avait été bien fait. Et je ne parle que des cas les plus simples (et des jours ou le logiciel ne met pas 3 minutes pour se connecter aux serveurs de l’ABES…).
L’existence de « passagers clandestins » est inévitable dans un réseau virtuel aussi étendu (combien de catalogueurs en BU? je l’ignore. Quelqu’un a le chiffre?) et distendu (au quotidien, le travail n’impose aucun contact directs entre les catalogueurs) que le SUDOC. De plus, dans le contexte de la LRU, le sentiment d’appartenance à une collectivité universitaire unifiée risque d’être de plus en plus ténu.
Mais il y aurait peut-être des moyens de limiter ces comportements, par exemple en renforçant le sentiment d’identité collectif des catalogueurs du réseau. C’est en partie le rôle de SUCAT, la liste d’échange des catalogueurs, malheureusement sous-utilisée.

Au delà des erreurs manifestes, ajoutées ou non corrigées, ce qui m’embête le plus c’est que tout le monde en fait le minimum, sans profiter de toutes les fonctionnalités de nos outils. Comme les BU ne veulent pas  travailler pas « pour le sudoc » mais pour leur établissement, elles adoptent certaines pratiques de travail dont l’effet global est négatif sur la qualité du catalogue commun, et donc – retour de bâton – sur le catalogue local de chaque établissement.
Un exemple concret : dans le sudoc, il est en théorie possible de saisir des résumés ou des tables des matières pour enrichir les notices. Or ces enrichissements sont en fait très rares, alors qu’ils apporteraient indubitablement un plus à nos lecteurs.
Pourquoi? Parce que recopier une table des matières (ou la copier/coller depuis un site web où elle serait présente) doublerait ou triplerait le temps de traitement de nos notices, et que nos BU ne peuvent pas se le permettre.
Mais si ce n’est pas possible pour tous les documents, ne serait-il pas pertinent de décider que certains ouvrages (colloques, mélanges, ou ouvrages auxquels ont participé des chercheurs de nos BU) méritent 10 minutes d’attention de plus que la 156e édition du code civil ?
Et puis ce n’est pas avec l’argument plus ou moins implicite « nous n’avons pas assez de moyens donc faisons-en le moins possible » que nous arriverons à faire valoir notre utilité auprès de nos tutelles! Expliquons plutôt tout ce qu’on pourrait faire avec plus de moyens techniques, humains et financiers, y compris en terme de « catalogage » (qui n’est certes pas un sujet très sexy, mais qui ne tente rien n’a rien!).

Autre problème : Les informations récupérées dans Electre ou le catalogue de BnF, ou créées dans le SUDOC, sont en-soi globalement satisfaisantes, mais elles ne sont pas forcément adaptées à notre collection ou aux besoins de nos usagers.
Je ne pense pas ici à la description bibliographique en elle-même (auteur, titre, éditeur, date), qui gagne certainement à cette externalisation, mais à l’indexation, qui peut être trop fine, ou inadaptée. Il en va de même des résumés d’Electre, qui ne sont pas toujours très pertinents pour nos besoins.
Par exemple, ni le SUDOC ni le catalogue de la BNF, ni la plupart des catalogues de BM n’indexent les fictions, sauf exception. Autrement dit, il est quasiment impossible, à partir du catalogue seul, de renseigner un lecteur cherchant un roman sur un vampire, écrit par un auteur anglais au XIXe siècle…
Actuellement, c’est là que la « médiation humaine » se révèle indispensable. Car bien entendu, le bibliothécaire un tant soit peu cultivé, ou qui « aime les livres » 😉 va immédiatement penser à Dracula de Stoker et orienter le lecteur vers ce titre. Le bibliothécaire un peu plus hésitant, ou plus consciencieux, fera discrètement quelques recherches sur internet, et proposera au lecteur ébahi des titres plus rares, tels que Carmilla de Le Fanu (qui était Irlandais, mais passons sur ce détail).

Avons nous-peur d’être dépossédés de cette faculté de « conseil », ou plutôt de médiation contrainte ? Si le catalogue permettait directement d’avoir des réponses pertinentes en tapant « roman vampire auteur anglais 19e siècle », que se passerait-il ? D’autres titres, auxquels n’auraient pas songé le bibliothécaire seraient directement proposés au lecteur, que nous aurions – hélas – perdu l’occasion de « renseigner » en allant piocher des infos sur wikipédia… Mais cela nous aurait permis en contrepartie de réaliser très facilement des actions de médiation autour des vampires dans la littérature, ou au cinéma.
Mais me demanderez-vous d’un air dégoûté, « roman vampire auteur anglais 19e siècle », est-ce encore du catalogage ? On dirait – beurk – une recherche à la Google. Et bien détrompez-vous. Car, d’une part, c’est ainsi que tout le monde cherche aujourd’hui, dans un catalogue comme dans un moteur de recherche, et il serait temps que nos outils s’adaptent à cette réalité, sous peine de frustrer nos lecteurs, et d’autres part c’est bien en décrivant, en analysant, en indexant, en établissement des renvois, que l’on pourra rendre possible ce genre de recherche. On pourra également utiliser des formes d’indexations plus souples, ou plus collectives (tags laissés par les lecteurs, ou bien récupérés de librarything par exemple), mais à condition de retravailler ces données, de les recouper, d’établir des liens entre elles.
Bref, le travail d’un catalogueur, cela pourrait, cela devrait être cela en 2011 : récupérer des données basiques sur le site de la BNF ou d’Electre, mais pour mieux les enrichir de données adaptées aux besoins de sa bibliothèque, et de ses lecteurs.

En BU, l’indexation des fictions serait également précieuse, mais d’autres services pourraient être fort prisés de nos lecteurs : une traduction automatique des sujets en anglais et dans quelques grandes langues, ou une indexation plus facilement utilisable que Rameau (j’y reviendrais dans un autre billet).

Enfin, en BU comme en BM, le catalogue doit s’adapter aux besoins différenciés des lecteurs, par exemple en permettant de cibler facilement certains publics : les enfants, les aveugles, les étudiants de 1re année de licence de psychologie, les chercheurs en droit, etc.

Pourquoi ça n’avance pas, ou pas assez vite ?

Je serai ici partial et partiel, parce que c’est mon droit, qu’il est minuit, et que mes idées commencent à s’embrouiller…

Première raison, celle qui vient immédiatement à l’esprit : nos outils sont inadaptés. Oui, ils sont souvent verrouillés, obsolètes, peu ergonomiques, conçus avant tout pour le back-office et non pour offrir des services de qualité aux lecteurs. Mais n’est-ce pas un peu facile de critiquer nos fournisseurs de SIGB ? Avons nous vraiment fait pression sur eux en leur imposant – collectivement au besoin – de faire évoluer leurs produits pour qu’ils répondent à nos besoins ? Et comme je l’évoquais plus haut, avant de nous plaindre, il faudrait déjà que nous utilisions au maximum les potentialités de ces outils. Rédigeons des résumés, recopions des tables des matières, ajoutons de l’indexation libre, etc.  Et comment se fait-il que toutes les zones des notices créées dans le SUDOC ne soient pas interrogeables, au moins dans notre outil professionnel (WinIBW). A quoi bon remplir des zones codées sur le type de document ou le public destinataire si ces informations ne sont pas utilisables ?

Deuxième raison : si depuis longtemps le bibliothécaire n’est plus une personne qui aime les livres, si on ne peut se contenter de le définir –  je l’ai entendu – comme une personne qui aime les lecteurs (ce n’est pas assez spécifique, et puis on ne demande pas une  assistante sociale d’aimer les gens, mais de les aider, on ne demande pas à un clown d’aimer les enfants, mais de les faire rire…), le bibliothécaire s’est depuis longtemps défini comme celui qui aime, qui respecte, qui applique avec révérence, qui ne trouve son salut qu’en consultant cérémonieusement… la NORME.

Et là, évidemment, je ressens comme un malaise. Car j’ai tout à fait conscience qu’appliquer des normes et des standards (au sens le plus large : normes AFNOR, standards d’échanges informatiques, etc.) dans notre travail est indispensable. On voit assez aujourd’hui les dégâts provoqués par le manque d’interopérabilité dans le domaine des livres numériques pour imaginer la catastrophe que seraient des catalogues de bibliothèques bâtis sur des formats informatiques incompatibles, et des documents décrits selon des règles variables d’un établissement à un autre. La grande force des bibliothèques, en France et dans le monde, est de pouvoir, plus ou moins facilement, travailler en réseau.

Pourtant, combien de fois n’ai-je pas eu envie de la déchirer cette fichue norme AFNOR Z 44-050, à peine toilettée en 2005 ! Et ce guide Unimarc, avec des pages entières pour décrire des zones codées qui ne servent à rien  ! J’en reparlerai dans un autre billet, mais disons en gros qu’il  est parfois rageant d’appliquer en 2011 des règles de description des documents issues de principes formulés au début des  années 1960, à l’époque des fiches cartonnées, et de stocker les informations dans des formats MARC développés à la même époque.

C’est en partie à cause de ces règles et ces formats peu adaptés au monde numérique qui est le nôtre que nous donnons l’impression de nous écharper pour des futilités : faut-il transformer le « / » en « -« , dois-je placer mon $b après mon $i, etc. En effet, parfois cela vaut bien l’épépinage de groseilles à la plume d’oie (d’ailleurs, on a longtemps catalogué à la plume d’oie…).

Depuis 1998, un nouveau modèle théorique, dit FRBR, promet de révolutionner notre travail, mais il a fallu attendre plus de dix ans pour que les règles de catalogage américaines soient réécrites (un énorme travail, certes) pour en tenir compte. Ce modèle sera très certainement adopté en France, mais quand, et sous quelles modalités? Là encore, je comprends qu’une norme ne se change pas en un clin d’oeil. Le processus est collégial et international. Mais imagine-t-on une société privée qui serait en train en 2011 de se préparer à aborder pleinement le monde numérique (oserais-je parler d’économie  numérique ? ;-)) ? Elle aurait coulé depuis longtemps…

Pour conclure, j’espère que nous n’aurons pas raté le coche et que nous saurons rattraper notre retard, mais quand je constate l’indifférence voire la résistance à l’innovation qui a été la notre pendant des années, je ne peux m’empêcher d’éprouver une certaine inquiétude.

Gérer l’identité numérique professionnelle de nos chercheurs, une piste pour valoriser leurs travaux, et notre travail…

Tous les jours ou presque, nous valorisons la recherche produite dans nos universités, sans en avoir toujours conscience.

Je pense surtout aux thèses, dont le catalogage accroît la « visibilité » d’au moins deux chercheurs liés à notre université : le thésard, et son directeur.

Dans le SUDOC, un document bien catalogué, ce n’est pas seulement un document décrit correctement, avec des mots-clés et un résumé (dans le cas des thèses), ce sont aussi des liens vers des notices dites d' »autorité« , dont chacune correspond à une des personnes physiques ou morales ayant eu un rôle dans la publication de ce document.

Dans le cas des thèses, ce travail est fait consciencieusement, ce qui implique le plus souvent la création d’une notice pour le thésard. En général (je ne sais pas s’il existe des exceptions), le service des thèses utilise, en plus du nom et du prénom du doctorant, sa date de naissance.

Dans les documents produits ultérieurement par notre doctorant, il sera identifié ainsi : « Patronyme, Prénom (1982-….) », et non « Patronyme, Prénom ».

Et alors? Pour M. Prénom Patronyme, digne héritier de Papa Patronyme et de Maman Patronyme, cela ne changera pas grand chose, parce qu’il ne risquera pas de croiser un homonyme…. Certes, mais pour M. Pierre Martin ou Mme Marie Dupont, cela change beaucoup de choses ! En les différenciant de leurs homonymes, nous avons rendu service à nos collègues, chargés de cataloguer leurs prochains ouvrages, mais surtout aux futurs lecteurs, qui pourront les identifier plus facilement, et de manière générale, à toute personne consultant le sudoc (ou le sigb dans lequel ses notices sont dérivées) pour identifier précisément les travaux de M Pierre Martin (1982-….). Parmi ces usagers de nos catalogues, peut-être y aura-t-il un recruteur, bien content de constater d’un coup d’oeil que M. Pierre Martin a écrit 25 livres et 143 articles. Il y aura peut-être également M. Martin lui même, bien content de pouvoir d’un clic faire un lien vers l’ensemble de ses travaux dans le SUDOC, à l’exclusion de ses homonymes.

Conclusion : en faisant bien notre boulot nous rendons un service, certes bien modeste, à la personne auteur du document catalogué.

Cette précision dans les notices d’autorité va devenir un enjeu majeur dans les années à venir.

Sur un plan international, le VIAF, encore expérimental, permet déjà de croiser de nombreux fichiers d’autorité. J’imagine que le SUDOC devrait bientôt rejoindre ce projet. Et alors, il faudra identifier Pierre Martin sans ambiguïté, parmi tous ses homonymes américains, canadiens, britanniques, etc.

Pour ce qui est du SUDOC, depuis quelques mois, ses autorités ont été « libérées » du catalogue et peuvent être interrogeables et modifiables depuis une interface séparée, IDREF (qui semble être devenu « autorité SUDOC », guère plus parlant, mais passons…),  dont le projet est détaillé ici. Dès maintenant, des bibliothécaires utilisant d’autres applications que le SUDOC (STAR, le nouvel outil de catalogage des thèses et CALAMES, catalogue de manuscrits ) peuvent utiliser ce service. A terme, l’ABES souhaite qu’il soit utilisable par d’autres acteurs. J’imagine qu’il serait très utile pour donner plus de cohérence à la base d’archivage  HAL par exemple, ou à des bases de revues en ligne.

Pour l’instant, les articles de Pierre Martin dans HAL ou d’autres bases ne sont pas reliées au SUDOC, mais un jour la précision « né le 1/5/1982 », apportée dans le SUDOC par le collègue ayant catalogué sa thèse,  permettra d’identifier clairement ses articles et toute sa production scientifique. Dans un contexte marqué par le poids croissant de la bibliométrie, cela pourrait s’avérer très précieux pour M. Martin…

Mais pourquoi ne pas valoriser ainsi toute la production intellectuelle nos chercheurs, et pas seulement leurs thèses ?

Concrètement, il est fréquent de trouver des doublons, c’est à dire deux (parfois trois…) notices décrivant exactement la même personne.
Ce cas est en théorie facile à régler : il « suffit » de prévenir l’ABES via son portail d’assistance (le fameux ABESstp), qui fusionnera les deux notices. En théorie seulement, car encore faut-il se rendre compte qu’il y a un doublon!

Il est encore plus fréquent que les notices de chercheurs n’ayant pas soutenu leur thèse récemment ne comporte pas leur date de naissance (la date de naissance n’est absolument pas obligatoire dans une notice).

Ce cas est plus délicat : dans un élan d’enthousiasme, je me suis rendu compte que nous dormions sur un trésor de données : le fichiers de nos lecteur, qui recoupe celui du personnel de l’Université. Ne pourrait-on pas le consulter  pour récupérer les dates de naissance de nos chercheurs ? Mais comme me l’a indiqué une collègue, l’idée était mauvaise, car  la date de naissance est une donnée privée, que certaines personnes pourraient ne pas souhaiter divulguer (si la date se trouve ailleurs, sur le livre ou dans le catalogue de la BnF, la question ne se pose plus, bien entendu). Il existe d’ailleurs une zone (899) dans les notices d’autorité, dans laquelle on peut préciser, à l’attention des collègues et non du public, « La personne ne souhaite pas que sa date de naissance soit divulguée ». Je pense que nous aurions bien peu de procès, mais il vaut mieux faire les choses dans les règles.

Au contraire, ce handicap juridique pourrait devenir un aiguillon pour nous que nous rapprochions des chercheurs de nos universités. Car le véritable trésor, ce ne sont pas  les donnée, mais les hommes et les femmes qui travaillent à quelques pas de nous, et que bien souvent nous ne croisons jamais, surtout depuis que nous leur avons fourni un accès à distance à leurs bases de données préférées.

Alors, et si nous leur demandions leur avis ? Si nous les assurions que dans le but de valoriser leur travaux, ou du moins de les rendre visible, un ou deux agents du SCD seraient chargés de suivre leurs publications, de s’assurer qu’il n’y ait pas de confusion avec d’autres chercheurs, de répercuter leurs changements de noms (pour les femmes mariés…), seraient-ils nombreux à refuser qu’on utilise leur date de naissance ? Je pense plutôt qu’ils seraient très satisfaits de notre professionnalisme et de l’attention que nous portons à leurs publications.

De plus, j’ai peur qu’à terme, si nous ne engageons pas sur cette voie, les laboratoires (des universités ou des organismes de recherche) s’en chargent à notre place. Si IDREF leur permet un jour  de gérer directement l' »identité numérique professionnelle » de leurs membres, cela sera une occasion manquée pour nous, qui disposons de l’expérience et des compétences pour ce genre de travail.

Et si à l’avenir nous cataloguions plus de personnes que de documents?

Bug dans les options de tri de Persée

Lors d’une recherche récente sur Persée, j’ai constaté qu’il était impossible de trier les résultats par date de manière satisfaisante.

Je recherchais des articles sur l’histoire de la folie. La recherche « histoire folie » donne 11202 réponses, qui sont triées par défaut selon un critère de « pertinence ».

recherche sur "histoire folie" dans Persée

recherche sur "histoire folie" dans Persée

La première page contient 10 articles :

Percevoir la folie : le cas du Québec, 1600-1850 [article]
Médecine de la folie ou folie de médecins [article]
Folie avec conscience [article]
La folie systématisée [article]
Nodier et l’effet de folie [article]
La folie maniaque-dépressive [article]
Maurice Blanchot : la folie du commencement [article]
Athlètes de la folie [article]
L’idée de la folie en texte et en image : Sébastian Brandt et l’insipiens [article]
Folie et discours de la folie dans la tragédie grecque du Ve siècle avant J.­C. [article]

Je ne souhaitais lire que les plus récents. J’ai donc essayé de les trier par date, mais cela n’a pas fonctionné comme je l’attendais : ce sont les mêmes 10 articles qui sont apparus, classés différemment ! Le même dysfonctionnement affecte le tri par titre et par revue.

Autrement dit, le tri reste fondamentalement un tri par pertinence, et seuls les résultats de chaque page sont retriés secondairement par date ou par titre !

Comme j’avais peur d’avoir mal compris le fonctionnement de Persée, et que je voulais en avoir le coeur net, j’ai cherché à contacter un responsable de Persée, mais je n’ai trouvé aucun contact sur le site. J’espère que cela pourra être vite corrigé, car cela me semble indispensable pour ce genre de site.  Heureusement (vive Twitter!), plusieurs personnes m’ont donné le nom de la responsable de Persée, à qui j’ai soumis mon problème.

Elle m’a confirmé qu’il s’agit bien d’une erreur, et que de futurs développements informatiques devraient être l’occasion de corriger ce bug.

Les USA face à la loi HADOPI : des révélations à mettre en perspective

Ce blog a joué la belle au bois dormant pendant l’automne, notamment pour cause de panne informatique prolongée. Mais voici que le baiser informationnel donné par un grand journal du soir l’a sorti de sa torpeur. Hélas, un doute m’étreint douloureusement : mon « Prince Charmant de Référence » ne serait-il qu’un vil crapaud ?

Promis, j’arrête la fumette et je reviens aux faits. Je m’éloigne de la ligne des précédents billets, mais j’imagine que nombreux sont les bibliothécaires à l’être intéressés à la loi HADOPI, et à cette loi fort discutée en 2006 dont le Monde semble avoir oublié le nom…

L’intérêt des USA pour la loi HADOPI d’après le Monde

Suite à l’accord entre Wikileaks et plusieurs grands journaux internationaux, le Monde a beaucoup communiqué sur la « valeur ajoutée »  apportée par les journalistes aux informations brutes et difficilement compréhensibles par le profane fournies par Wikileaks. Wikileaks ne ferait que fournir des sources brutes, que les journalistes « professionnels » auraient grand soin de croiser avec d’autres sources, pour les vérifier, les interpréter, et leur donner du sens. Le Monde cherche à prouver qu’il est encore le « journal de référence » dont l’utilité sociale et citoyenne reste intacte.

Quelques grammes de finesse (journalistique) dans un monde d'(informations) brutes, en somme.

Peut-être avez-vous lu sur le site du Monde cet article du 3 décembre évoquant l’intérêt des Etats-Unis pour la loi HADOPI et les débats qui l’ont entourée.

Incontestablement, l’article, signé par Yves Eudes, m’a appris plusieurs choses : les USA se sont intéressés de près au débat français, leur diplomatie s’est faite le porte parole de l’industrie de la musique et du cinéma américaine, un amendement porté par un député pourrait avoir été inspiré par les craintes américaines, et enfin les USA s’intéressent encore plus à la situation en Espagne, qui semble être à leurs yeux le paradis du piratage.

Le  travail du journaliste aurait cependant pu être bien plus poussé, et surtout que certaines erreurs auraient pu être corrigées.

  • De manière générale, l’article ne contient aucun hyperlien, alors qu’il aurait été facile et utile de l’enrichir en pointant, par exemple, vers le texte de la loi HADOPI.
  • Un exemple d’allusion qui aurait pu être développée :

« En ce qui concerne le dernier volet du dispositif, la création d’une « carte » subventionnée pour inciter les jeunes à fréquenter les sites payants de téléchargement légal (un système qui profitera en priorité aux producteurs et distributeurs américains), les diplomates sont optimistes, car le dossier est en de très bonnes mains : « le ministre Mitterrand a nommé Patrick Zelnik, directeur du label français indépendant Naïve, qui produit la musique de Carla Bruni. » »

Et alors ? Avaient-ils raison d’être optimistes ? Nous ne le saurons pas. Pourtant le rapport Zelnik a été rendu en janvier, et analysé par de nombreux médias. L’auteur de l’article aurait pu mettre en parallèle les attentes des diplomates et le contenu effectif du rapport.

  • Plus gênant, l’article comporte une belle bourde juridique :

« De son côté, la BSA (Business Software Alliance), association chargée de lutter contre le piratage de logiciels, souhaitait profiter du projet Hadopi pour faire abroger l’article 15 d’une autre loi, dite « Création et Internet », votée en 2006. La BSA n’a jamais aimé l’article 15, qui oblige les éditeurs de logiciels de verrouillage (servant à empêcher les copies illicites) à livrer aux autorités françaises leur code source – c’est-à-dire leurs secrets de fabrication. Les diplomates relativisent le problème : l’article 15 ne dérange personne, car l’administration française n’a jamais essayé de l’appliquer. »

Passons sur l’imprécision du « jamais essayé de l’appliquer », que le journaliste aurait pu éclairer : sont-ce les décrets qui n’ont jamais été votés? ou une autorité chargée de faire respecter l’article qui n’a pas été créée ?
Tous ceux qui ont suivi les débats auront tout de suite tiqué à la mention d’une « autre loi, dite « Création et Internet », votée en 2006« .

Evidemment, il s’agit ici de l’article 16 de la loi DADSVI ! Quant à la loi « Création et Internet », c’est le surnom de la loi HADOPI votée en 2009…

Voici le texte du télégramme diplomatique du 24 avril 2009 qui a servi pour cette partie de l’article :

« The Business Software Alliance (BSA) has expressed concern over a proposed amendment to Article 15 of the 2006 French Digital Copyright Law that has been included in the « Creation and Internet » bill. That article, which industry has contested since its inception, requires firms to provide source code of software that includes technical protection measures to the French authorities. Originally introduced as an amendment from the National Assembly floor, the measure was designed to address spyware concerns (reportedly in the wake of the 2005 Sony rootkit scandal in which Sony had sold CDs in the United States with copyright protection measures that installed onto users’ PCs and enabled remote monitoring). Article 15 has neither been enforced nor the subject of implementing regulations since the Copyright Law was passed. »

Le texte est pourtant clair : l’article 15 de la loi française sur le copyright digital (=DADVSI) pourrait être modifié par un amendement inclus dans le projet « Création et internet », ce qui inquiète la BSA (on apprend plus loin qu’elle souhaite une abrogation complète de cet article).

PCImpact sauve l’honneur

Une fois dévoilée par  notre « journal de référence », ce scoop a  été repris par d’autres médias. Mais la presse en ligne s’est montrée globalement moutonnière, en reprenant la confusion  du Monde, ce qui prouve que l’information n’a pas été retraitée ou analysée. Exemple : clubic, slate.

Il y en a peut-être eu d’autres, mais je n’ai trouvé qu’un seul article, signé par Marc Rees sur le site PCImpact, pour apporter un complément d’information et  corriger (sans la relever) la confusion du Monde.

Les différences entre cet article et celui du Monde sont saisissantes :

  • l’article de PCImpact est rempli de liens vers des sources qui permettent au lecteur d’aller lui-même vérifier l’information et approfondir sa recherche :  rapport parlementaire, compte-rendus des débats à l’Assemblée nationale, texte de l’amendement litigieux.
  • il ne confond pas la DADVSI et la loi Création et Internet…
  • il est plus précis sur le rôle de l’article 15 de la DADVSI et sa non applicabilité (deux décrets étaient en attente trois ans après la DADVSI)

J’insiste sur la possibilité pour le lecteur d’approfondir la recherche : grâce aux références précises données par cet article, j’ai pu retrouver le texte des débats ayant conduit à l’adoption de l’article 15 en 2006 (amendement 273), et j’ai pu chercher dans  Légifrance si les fameux décrets d’application de l’article 15 avaient été pris depuis 2009, mais malheureusement en vain, car l’échéancier de l’application de la loi dans Légifrance n’a pas été mis à jour depuis 2008, et je ne vais pas non plus passer des heures à creuser un sujet qui ne m’intéresse pas plus que cela…

En conclusion, je ne suis pas complètement satisfait par l’article de PCImpact, qui, comme Le Monde, considère que l’amendement de M. Riester est une réponse à la position des USA et de la Business Software Alliance, alors que la lecture du télégramme diplomatique montre au contraire que la BSA s’inquiétait de cet amendement, et que les autorités françaises ont dû rassurer les Américains sur ce point. L’interprétation des faits est ne me semble pas évidente.

Par contre, je me réjouis de voir un média numérique faire, sans se faire mousser, un meilleur travail que Le Monde dans l’explication des faits, le croisement des sources, et leur mise à disposition de leurs lecteurs.

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